Suite

Bon, là, ça devenait compliqué.

Ce n’était pas la première fois que je regardais Laetitia dans les yeux, nous avions souvent eu l’occasion de discuter ensemble, et elle n’avait pas, jusqu’à présent, les pupilles carré.

Donc, Tobias, probablement pas non plus.

C’est que quelque chose n’allait pas chez moi…

C’est vrai que ces derniers jours j’étais particulièrement fatigué. Beaucoup de travail, des collègues en congés ou en arrêt maladie. La routine. Mais une routine fatigante.

Je gagnais les vestiaires au sous-sol. L’atelier se trouvait aussi au sous-sol mais il fallait emprunter un autre escalier. Et il y en avait encore un troisième pour aller à la cave. Au début j’ai vraiment cru que j’allais me perdre. J’ai même parfois déjà cru m’être effectivement perdu mais remontant et redescendant des escaliers j’avais finalement retrouvé mon chemin.

Les vestiaires sont petits, encombrés, sans fenêtre ni douche. Les armoires sont rouges, toutes, sauf la mienne qui est grise. J’y vois presque une forme de coquetterie.

Je déplore qu’il n’y ai pas de douche. Après une journée de travail à suer dans une atmosphère enfarinée, une douche serait infiniment appréciée. Mais on doit se contenter du lavabo.

Je me change, mets mes affaires sales dans mon sac à dos et prends mon casque au dessus de l’armoire en prenant bien soin de le retourner sans en faire tomber les gants que je range à l’intérieur. Sauf quand il pleut.

De fait il fait très beau aujourd’hui. Le mois d’août tient ses promesses de soleil et de canicule. Le réchauffement climatique n’est plus une chimère agitée par des écolos paranoïaques ou supposés tels. On y est.

J’enfourche ma Yamaha et prend la route en direction de la frontière.

Avant je me déplaçais en voiture comme 98 % des frontaliers. Mais c’est dangereux. Avec la fatigue on s’endort au volant. Quarante minutes de trajet en ligne droite après une journée de travail c’est tuant. Littéralement parfois.

Même en moto il m’arrive de piquer du nez. Aussi incroyable que cela puisse paraître. Mais il est aisé de se stimuler pour se concentrer à nouveau sur la route. Au pire on zigzague un peu pour mettre du rythme.

Une demi-heure plus tard je suis chez moi. Vivant mais fatigué.

Très fatigué.

Je dois me rendre à l’évidence. Voilà presque une semaine que je n’arrive plus à dormir convenablement.

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