« Cachez-vous ! »

Nous avons le privilège de bénéficier d’une chambre avec salle de bains attenante.

Malheureusement, depuis quelques jours l’eau a du mal à s’écouler. Notre frère Raj qui est un peu le House keeper a donc prévenu une entreprise locale pour voir si elle pouvait nous dépanner. Mais dans le contexte actuel on a préféré simplement utiliser une autre salle de bains en attendant…

Ce matin, alors que nous étions tous les trois dans le hall, (petite parenthèse à propos du hall, il ne s’agit pas de l’entrée de l’immeuble comme dans « vous faites quoi ? Rien, vas-y normal, on squatte le hall, queskiya ? », ou bien le hall d’entrée comme dans… ben là où on met le panier du chien, quoi. Non, le hall ici c’est plutôt le terme qui sert à désigner la pièce principale. Bon, c’est une grande parenthèse finalement mais je voulais être certain que tu puisses comprendre, pas que tu sois… , non rien.), la sonnerie de l’entrée a retentit.

Il y a deux portes d’entrée, la principale qui donne sur le vestibule; là où tout le monde se déchausse (et qu’on aurait mieux fait d’appeler un pédibule du coup. Mais bon, comme ça n’existait pas et que les mecs n’ont pas d’imagination ils ont appelé ça un vestibule et on y retire sa veste. Du coup on rentre avec ses chaussures et ça salit toute la maison. Ah si j’étais académicien il y aurait un peu plus d’hygiène en France, je vous le dis moi, c’est quand même pas compliqué d’inventer un mot: pédibule. Voilà, c’est fait; comme ça on retire ses chaussures et ça reste propre, nan, sérieux.) et il y a une autre porte sur le côté de la maison qui donne directement sur le living.

La sonnette donne donc sur la porte principale mais c’est la porte secondaire qui s’ouvre … sur Shamuga qui nous dit de prendre nos affaires et d’aller nous cacher à l’étage avec ce qui pourrait témoigner de notre présence. Les ouvriers sont arrivés pour déboucher l’écoulement et s’ils nous voient ici ils risquent d’apposer le fameux écriteau « FOREIGNERS » sur le portail.

Super la délation, merci, on se croirait en Suisse !

Du coup on prend vite nos affaires et on va se poser à l’étage où il y a une chambre inoccupée et une sorte de bureau.

J’ai trouvé la citation bien sentie, elle arrive au bon moment, te donne la bouffée d’oxygène nécessaire pour poursuivre ta lecture.

Du coup c’était bizarre d’être juste à l’étage, en haut d’un simple escalier, même pas dissimulés par une porte ni rien mais il n’y avait aucune raison que les ouvriers montent.

Un petit côté Anne Franck en moins long ( et en moins terrible, bien sûr, je ne banalise pas, j’illustre !) qui donnait à l’instant un goût un peu dégeu, celui du nationalisme et de ses dérives peut-être.

Après un assez long moment mais pas trop puisqu’on avait emmené nos appareils électroniques avec nous Raj nous a demandé de redescendre pour manger.

C’était un petit épisode sans conséquence mais ça fait une drôle d’impression.

Ça va aller jusqu’où cette affaire les amis ?

2 commentaires

  1. Un vrai bijou, ce texte. On rit, on est en colère, un brin d’angoisse, bref, toute la panoplie des émotions. Merci ! Et on croise les doigts pour que ça ne s’envenime pas. Le virus est bien suffisant, non ?

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