Et puis épier les pies

J’aime bien le dimanche parce que je peux faire la grasse matinée. C’est ainsi que je dors généralement jusqu’à six heures du matin, parfois sept quand je suis vraiment très fatigué. L’esprit contradictoire du lecteur anonyme objectera que le terme de grasse matinée n’est pas approprié et que les miennes sont à la limite de l’anorexie.

Oh, ça va, hein !

Si tu considères, ô vague sacripant, que d’ordinaire je quitte ma couche à trois heures, ou quatre en fonction du mon planning, tu dois bien avouer qu’ajouter deux, trois, voire quatre heures à une nuit de sommeil, c’est l’engraisser comme il faut. Comme nourrir un enfant obèse avec des tranches de brioche du LIDL tartinées avec du beurre + du Nutella.

Venons-en au fait

Je sais, ô ami lecteur(trice) français(e) combien tu détestes que j’abonde en introduction et que tu veux me voir rapidement plonger dans le vif du sujet même si, pour ma part j’affectionne les entrées souvent plus que le plat de résistance qui m’annonce déjà la venue du dessert et la nécessité de quitter bientôt ma table pour laisser la place à d’autres alors que j’irai me coucher pour me reposer d’une longue journée de labeur. N’est-ce pas l’allégorie de la courte et impatiente existence humaine, si vaine et vite passée ?

Bref, je digresse, je philosophe, je m’égare, revenons à nos pies.

Bon, je me lève de bonne heure. Je petit-déjeune. Ma femme se lève. Je lui prépare son café. Nous discutons, nous racontons vite fait nos rêves. (Bon, là je n’ai pas le choix, je dois te raconter que durant nos 19 premières années de mariage il m’était formellement interdit de raconter mes séances de cinéma nocturne gratuit. Les parents de mon épouse infligeaient chaque matin une longue analyse de leurs rêves mutuels à l’ensemble de la famille, et comme ma belle-maman est sourde ça prenait vraiment beaucoup de temps. Finalement, ça a dégoûté ma Chèrétandre pour des décennies et c’est seulement maintenant, alors que nous passons chaque nuit ensemble depuis le 11 août 2011 et que nous nous éveillons également ensemble lorsque nos emplois du temps respectifs se ressemblent assez, que je peux lui raconter mes songes, à condition (je reste prudent) qu’elle aborde le sujet en premier.)(Mince, je voulais faire des phrases courtes ! Mais je suppose que les parenthèses ne sont pas tenues de se conformer aux règles qui régissent le reste du texte, sinon on met une virgule, au pire un point-virgule, des tirets que sais-je et on ne s’autorise plus rien!). (Je poursuis). Elle fait sa toilette, s’habille, viens m’embrasser et part au travail. Je finis de boire mon deuxième café et je vais aux toilettes. Et là, j’hallucine !

Photo de Fiona Art sur Pexels.com

Enfin, je me demande si j’hallucine. Je suis là, assis, confortablement posé sur mon siège alors que me parviennent de la fenêtre ouverte de la chambre conjugale un concert de bruissement d’ailes et de cris d’oiseaux. Attends, on est le 27 septembre, il fait super froid depuis deux jours, c’est quand même pas le printemps, pourquoi y aurait-il une flopée de piafs dans la rue ? D’autant que de l’autre côté du toit il y a un parc avec des arbres où il ferait tellement meilleur nicher et s’ébattre pour ces volatiles. J’écarte vraiment de mon esprit la possibilité qu’il puisse s’agir véritablement de bruits d’oiseaux et j’en conclus de façon cartésienne qu’il s’agit plus probablement de la fantaisie matinale d’un voisin boomer qui s’éveille avec des enregistrements New Age. Bien que ce ne soit pas le style de mes voisins. Ah, si, peut-être ceux du rez-de-chaussée qui sont maigres et ont un grand chien blanc…

Bon, désireux de m’assurer que je ne confonds pas la réalité avec une version quantique proche de la version originale qui serait venue interférer dans mon quotidien à la faveur d’une brève rupture de l’espace temps survenue durant une nuit de repos bien méritée, je mets un terme à ce que j’étais en train (c’est le cas de le dire) de faire et quitte mon siège, passe rapidement par la salle de bains pour me laver les mains et faire durer un peu le suspens, je l’avoue, puis vais me poser à la fenêtre, ouvrant toutes grandes mes oreilles, premières alertées de la situation étrange et alarmante, puis mes yeux, pour confirmer, puisqu’il faut bien l’avouer, là aussi, on a toujours plutôt tendance à faire confiance à nos yeux qu’à nos autres sens, d’ailleurs c’est probablement une erreur mais venons-en au fait.

Les oiseaux

Je m’attendais vraiment à vérifier que les sons venaient d’un appareil hi-fi. Mais non, le ciel et le toit d’en face étaient pleins de pies. Il serait donc exagéré de dire que le ciel était noir d’oiseaux. Disons qu’il était noir et blanc.

Je me suis extasié quelques secondes puis les corvidés se sont envolés, le bruissement de leurs ailes et leurs conversations me rassurant (un peu) sur ma santé mentale, avant d’aller déclencher des crises de panique aigüe quelque part un peu plus loin.

Photo de freestocks.org sur Pexels.com

C’est marrant comme les infos reçues et les situations vécues se télescopent parfois. On croirait que notre vie est un puzzle dont on ajuste les pièces jour après jour. Parfois il y a une pièce pénible qui ne trouve sa place nulle part jusqu’à ce que d’un seul coup tout devienne évident.

Ainsi en va-t-il des pies. Quel oiseau à priori insignifiant que la pie! Même pas de couleur, comme les vieux téléviseurs de l’enfance. Une réputation capable de faire rougir un enfant roumain officiant dans le métro parisien. Et pourtant quelque chose d’éminemment sympa chez la pie.

Comme par hasard, j’avais entendu hier que d’après une étude (il me font marrer avec leurs études), les corvidés (entendez l’espèce des corbeaux et associés, dont les pies) sont des animaux très intelligents alors qu’on leur prêtait jusqu’alors une intelligence très faible liée à la petite taille de leur tête. (Ah ! les évolutionnistes, vous m’amuserez éternellement !) Cependant le fait n’est pas nouveau. D’ailleurs les faits n’attendent pas que la science les révèlent pour être déjà des faits. Puis en entendant cette information à la radio (une chaîne nationale que je vais arrêter de citer sauf si elle m’envoie 2 autocollants que je pourrais poser sur mon armoire au boulot et sur celle de Christophe B., oui, on colle des stickers sur nos armoires, faudra que je t’en parle un jour, c’est marrant), je me suis rappelé l’avoir lu déjà il y relativement longtemps.

Je ne fais ni une ni deux (ah les expressions françaises idiomatiques !) et je vais vérifier dans ma bibliothèque.

Là, je retrouve ce livre de 2014 édité chez Connaissances et Savoirs : La Communication et l’intelligence chez les animaux ou « Smart Faune » de Jean-Pierre Jost.

Le titre est bien trouvé et le bouquin est génial.

Vous pouvez aussi visiter le site de l’auteur www.jostwildlife.com

De là à imaginer qu’il est pour quelque chose à la présence des oiseaux derrière mes fenêtres ce matin…

Alors que je m’épuise à promouvoir Singulier(s) encore en réduction pendant quelques jours et disponible dans l’onglet Boutique, je dois reconnaître que d’autres possèdent un admirable talent promotionnel.

Utiliser des pies, c’est gonflé !

2 commentaires

  1. Deux d’un coup ! Mais quel bonheur ! Petite, je rêvais d’un corbeau ou d’une pie, qui viendrait frapper du bac au carreau de ma chambre. Je n’ai pas eu cette chance, mais la fille de mon parrain, oui. Un volatile bavard comme on n’en fait pas, qui chaque matin tapait contre sa vitre en appelant Maman. Elle avait sept ans, la petiote, mais pour un corbeau, apparemment, ça collait. Il l’accompagnait jusqu’à l’école, et il venait l’attendre à la sortie. Une horloge dans le ciboulot, la bestiole. Et puis, comme la gamine avait un lapin blanc, le corbeau avait pris l’habitude de se faire promener sur son dos. Un noir et blanc du plus bel effet, et qui faisait marrer toute la famille. Sauf qu’un jour, un voisin – une ordure, un sale con, et ça encore, c’est pour rester polie – s’est saisi de son fusil…

    Joan Ott 10 rue des Orphelins 67000 Strasbourg 06 24 97 10 48

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