On the road again

Lorsque je prenais ce plaisir nouveau et au combien agréable de rédiger dans feu mon premier blog, Welkome to the Kübe, chroniques boulangères réalistes et utiles, j’avais créé une catégorie intitulée On the road again, consacrée aux chroniques en rapport avec la route. En tant que frontalier (puisque c’était là la colonne vertébrale de ce blog, qu’on aurait pu appeler chroniques d’un travailleur frontalier. Ce qui m’amène à penser que Ce que j’en dis est plus un blog invertébré, multicellulaire chelou mais sympa), je passais beaucoup de temps sur la route (presque 8 heures de trajet hebdomadaire) et ce contexte prêtait lieu à des chroniques plus intéressantes et désopilantes les unes que les autres. Ceci étant précisé avec la plus grande humilité, mais quand même il faut être réaliste.

Bon, aujourd’hui je passe moins de temps sur la route puisque j’ai moins de trajet, que je roule plus vite, et que je bosse seulement 4 jours (maximum) par semaine. Malgré tout, la route reste un espace très particulier régi par ses propres codes (pas de jeu de mots, ce serait trop simple) et surtout un espace dans lequel les comportements sont soumis à une dégradation permanente (une dégradation, que dis-je, une corruption, une déliquescence) et extraordinaire. Confronté à un tel constat, je me vois contraint de ressusciter la rubrique On the road again.

On the road again

Cette catégorie va être bien riche, je le sens.

Photo de veeterzy sur Pexels.com

Le sujet de l’article d’aujourd’hui ne me concerne pas vraiment directement mais je me dois d’en faire l’écho. Mon épouse et moi-même discutions ce matin avec la douce Amélie*, une adolescente de treize ans faisant partie du cercle privilégié de nos fréquentations habituelles. Cette belle enfant nous a raconté une mésaventure qui lui est survenue jeudi et que je veux rapporter ici.

Pour des raisons que j’avoue ne pas avoir entièrement saisies, elle est scolarisée dans un collège assez éloigné de notre quartier (nous habitons à peu près dans le même quartier) où elle se rend en vélo. Jeudi donc, alors qu’elle profitait d’un passage piéton pour traverser la route en toute sécurité (à Mulhouse, nombre de passage piétons comportent une bande cyclable), elle a été heurtée par un automobiliste qui a littéralement roulé sur la roue de sa bicyclette. La petite est tombée de vélo, chute sans gravité apparente. Le chauffard (appelons un chat un chat et un individu innommable un chauffard) est sorti de sa voiture, lui a demandé ça va, tu n’as rien, avant de repartir au volant de sa méprisable poubelle léthale. Amélie* sous le choc, a continué de pousser son vélo jusqu’au collège parce qu’elle avait peur d’être en retard et c’est le soir seulement que sa maman a été mise au courant de la mésaventure.

Elle sont allées à la police qui leur à dit que si elle ne connaissait pas l’identité du sombre crétin (appelons un chat un chat et un assassin en puissance un sombre crétin) la police ne pouvait rien faire pour elle.

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Je viens donc prendre le relai de cette noble institution pour tenter de contacter cet énergumène irresponsable. La petite se plaint de la tête et du dos. Son vélo ne peut plus se plaindre : il est mort. Donc, infâme vermine, si tu me lis, tu ne peux pas remonter le temps et apprendre à franchir un passage piéton avec prudence et sans rouler sur des vélos. Je suppose que des années d’alcoolisme associées à une maladresse aggravée t’auront privé de cette possibilité. Mais puisque le mal est fait (et puisque le mâle est faible), il serait tout à fait juste que tu contactes ton assureur et moi-même, je veux bien servir de médiateur, afin de permettre à cette jeune innocente, victime de ton incapacité à conduire ailleurs que dans un interminable désert (banquise, toundra ou Sahara, fais ton choix), de bénéficier d’examens appropriés, de soins potentiels et surtout du remplacement de la roue de son vélo, voire de son vélo puisqu’ à cause de toi, Amélie* est obligée de se farcir trois quarts d’heure de marche (aller) pour aller au collège, ce qui l’oblige à prendre son repas de midi au lance-pierre et la fatigue considérablement.

J’espère que tu me lis et que tu répondras. Sinon peut-être qu’un jour un conducteur de bulldozer distrait roulera malencontreusement sur le capot de ta voiture et qu’alors tu repenseras à cette petite fille qui poussait un vélo avec compassion.

C’est dit.

*le prénom a été changé

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