L’atelier d’écriture

Bon, je ne suis pas un grand adepte des réseaux sociaux. Pour une multitude de raisons dont la principale demeure que j’ai une inaptitude vérifiée à créer du lien virtuel, l’empathie 2.0 ne fonctionnant pas assez à mon goût.

Toutefois, étant donné le contexte, le relationnel à distance étant devenu la nouvelle norme, les réseaux sociaux sont presque devenus incontournables. Reste à savoir les choisir. Ce choix étant lié aux convenances et à la conscience de chacun, je ne donnerai aucun conseil sous ce rapport mais de mon côté j’ai nourri un peu plus régulièrement ma participation à LinkedIn, réseau social clairement orienté sur le plan professionnel auquel je me suis inscrit en qualité d’écrivain.

Bon, je reviendrai probablement un jour sur la notion d’identité ou plus précisément du caractère pluri identitaire de chacun, mais pour faire court, même si je ne suis pas précisément écrivain de profession dans le sens où je ne rempli pas mon assiette avec ce que je gagne grâce à l’écrit (autrement je pèserais probablement 80 kg de moins), toujours est-il que je suis néanmoins écrivain de fait puisque tu peux aller chez ton libraire et commander mes bouquins ou bien le faire dans la boutique ou tout simplement saisir un ouvrage portant mon nom dans ta bibliothèque si tu as déjà franchi une de ces deux étapes. J’ai parfois du mal à m’en convaincre moi-même mais toujours est-il que cela suffit à légitimer la validité de cette appellation un rien pédante à mon humble avis; écriveur eut été suffisant.

Mon réseau LinkedIn est donc nettement conditionné par cette appellation (ce titre) et les suggestions sont en rapport, les algorithmes étant ce qu’il sont. C’est ainsi que j’ai été convié par la Bibliothèque Publique d’Information (centre Pompidou, Paris) à participer à un atelier d’écriture dirigé par David Meulemans, président des Forges de Vulcain, une maison d’édition qui ne m’était pas inconnue.

Photo de Shvets Anna sur Pexels.com

J’aime bien écrire, j’aime bien David Meulemans et j’aime bien le centre Pompidou, je passais souvent mes mercredi après-midi sur le parvis de la place Beaubourg à aller d’un groupe entourant un artiste de rue à un autre, entrant parfois dans la bibliothèque s’il pleuvait un peu. Trois bonnes raisons de participer à cet atelier. La quatrième, décisive, fut que l’atelier ne se ferait pas en présentiel mais par Zoom.

Vendredi 18h30

Bien rôdé à l’outil Zoom, c’est avec facilité que je gagnai l’atelier avec 5 minutes d’avance. Nous étions une quinzaine de participants environ. L’atelier s’articulait autour de ce livre de Franz Kafka intitulé le Château que j’avais lu à l’adolescence, il y a longtemps autrement dit. Mais en écoutant David en parler, l’histoire me revint en mémoire, ainsi que cet intérêt brûlant pour Kafka qui m’avait passionné à l’époque. C’était marrant de constater qu’un boulanger et un éditeur peuvent se rencontrer avec tellement de facilité autour d’une passion commune. Je ne connaissais pas les autres participants mais je suppose qu’ils étaient tous plus ou moins en lien avec les métiers de l’écriture, plus ou moins légitimement, bien que je suppose que de tous j’étais celui qui aurait fait le plus figure d’escroc si on avait du afficher son CV.

C’était la première fois que je participais à un atelier d’écriture et je ne savais pas trop à quoi m’attendre, je ne risquai donc pas d’être déçu et je ne le fus d’ailleurs pas un seul instant.

Photo de Felix Mittermeier sur Pexels.com

Le concept

Après que la représentante de la BPI nous eut accueilli et introduit David, celui-ci nous parla un peu du schéma d’écriture de Kafka, plus précisément de celui du Château qui servirait de trame à notre atelier.

En suivant les contraintes énoncées par l’animateur, nous devions écrire durant 4 sessions de 10 minutes chacune contraints par des idées-clés imposées et tirées au hasard sur des dés à idéogrammes.

La première partie devait mettre en scène un personnage arrivant dans un lieu, rencontrant un obstacle et le surmontant pour finalement arriver à destination. Les idées-clés à utiliser étaient :

  • une tortue
  • une horloge
  • des masques

10 minutes plus tard, on a fait le point, David continuait de parler du Château de Kafka et d’autres idées gravitant autour du sujet, toutes très intéressantes (quel érudit ce type !) et on a commencé la deuxième session d’écriture: Le personnage arrive dans un lieu intermédiaire ou quelqu’un lui explique qu’il va devoir rester assez longtemps. Les idées-clés :

  • un demi-sourire
  • une canne
  • un gros livre, une Bible

10 minutes. Je te garantis que pour moi c’était vraiment difficile de traiter les idées dans un délai si restreint mais je me suis néanmoins amusé à le faire scrupuleusement même si je devais continuer à écrire un peu à chaque fois à la fin du temps imparti, concluant mes histoires comme Edika ses BD.

La troisième partie devait permettre au personnage principal de trouver quelqu’un qui puisse l’aider à atteindre sa destination finale mais la personne en question refusait de l’aider. Les idées-clés:

  • une flamme
  • un œil
  • une clé

Et la quatrième partie parce que je sens que tu t’impatientes : le héros comprend qu’il ne pourra pas atteindre son objectif et il décide de rester pour toujours à l’attendre.

  • une lampe-torche
  • un éclair
  • un boulier chinois
Photo de Johannes Plenio sur Pexels.com

Une belle expérience

L’aventure a duré un peu plus d’une heure et demi et je ne sais pas ce que ça a donné pour les autres car nous n’avons pas lu nos textes mais de mon côté j’ai été presque surpris de parvenir à produire un texte qui faute d’être le futur prix Nobel de littérature constitue une nouvelle digne de ce nom d’après ma Chèrétandre.

En conclusion, David Meulemans nous a timidement annoncé que paraissait le jour-même un manuel signé de sa main, intitulé Écrire son premier roman en dix minutes par jour édité par sa propre maison d’édition, Aux Forges de Vulcain. On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

Et toi, tu as déjà participé à un atelier d’écriture ?

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