Écrire encore 1/2

Je viens d’achever un livre excellent, Falaises, d’Olivier Adam.

L’auteur en question bénéficie d’un lectorat étendu et je ne fais que le découvrir à travers ce deuxième ouvrage qui fait suite à Passer l’hiver que j’ai lu il y a quelques mois.

Quoi de plus logique si l’on considère le nombre fantastique de livres publiés chaque année et l’interminable liste des auteurs qui s’allongent indéfiniment. On notera avec intérêt que ceux qui meurent ne sont pas rayés de la liste, au contraire, leur nom s’y trouve gravé plus fort encore.

D’où la question qui me martèle l’esprit et me pousse à écrire ce texte (afin de tenter de mettre un peu d’ordre dans les pensées qui se bousculent au portillon) : qu’est-ce qui me (nous) pousse à écrire encore ?

J’ai ajouté nous entre parenthèses, d’une part parce que j’aime beaucoup les parenthèses et d’autre part parce que je pense que la question se pose aussi à d’autres écrivains.

Pas d’excuses

Que les choses soient claires entre nous, je ne suis pas en train de me chercher des excuses, voire un alibi. Je cherche simplement à comprendre ce qui me pousse à continuer d’écrire (y compris ces quelques lignes que tu lis) alors que, soyons honnête, l’absence de mes écrits passerait facilement inaperçue (attention, ne pas trop réfléchir au non-sens abyssal contenu dans cette phrase d’apparence inoffensive).

Commençons par éliminer les raisons hors de propos:

  • l’argent
  • la quête du succès
  • la quête de l’immortalité
  • la pression de mon éditeur

L’argent

Je n’écris pas pour gagner de l’argent, ni parce que j’aurais besoin d’en gagner. Les quelques centaines d’euros (bon admettons des milliers) n’ont pas changé le cours de mon existence et si je pensais que ce puisse être le cas, il existe des moyens beaucoup plus efficaces pour gagner de l’argent que d’écrire dans une démarche purement littéraire.

Juste pour donner du sens et préciser mon propos : même en étant simplement actif sur une plateforme comme Textbroker, le web writing est évidemment plus directement rémunérateur que l’écriture esthétique. (Désolé, je ne trouve pas d’autre terme).

Donc, ce n’est pas le besoin de gagner de l’argent ou l’éventuelle (et illusoire) facilité à en gagner en écrivant qui me pousse à continuer d’écrire.

La quête du succès

Certains pensent que les auteurs cultivent un égo disproportionné qui les pousse à écrire tout et n’importe quoi à la seule fin de bénéficier d’une certaine notoriété. Cela existe peut-être chez certains, c’est indéniable. Mais tout comme la richesse, le succès en littérature est une chimère pour l’immense majorité. Et pour être franc, quand bien même il me serait possible d’avoir une immense visibilité, je ne m’empresserais pas. La discrétion me convient tout à fait même s’il faut bien entendu un minimum d’existence médiatique pour pouvoir espérer vendre quelques écrits.

Mais encore une fois, ce n’est pas ce qui me pousse à continuer d’écrire.

La quête de l’immortalité

Milan Kundera aborde la question de cette quête en s’intéressant à l’œuvre de Goethe (notamment) et à ses mobiles dans L’immortalité. L’idée est la suivante : en s’imposant dans la mémoire de ceux qui nous connaissent et de manière plus puissante encore si l’on parvient à s’imposer dans la mémoire de ceux qui ne nous connaissent pas, on peut atteindre une certaine forme d’immortalité.

Pour illustrer, nombre de personnages politiques ont atteint cette forme symbolique d’immortalité. Par exemple, Napoléon. Tout le monde connait Napoléon. Mais si l’on devait faire une enquête en posant des questions précises sur ce que furent sa vie et ses réalisations, bien peu sauraient nous renseigner avec exactitude. C’est ce que Kundera appelle la grande immortalité.

Il va sans dire que mon humilité légendaire m’interdit de seulement penser à une telle quête tellement elle est d’une incommensurable vanité.

Beaucoup plus simplement j’aspire à une éternité de vie dans l’anonymat. Je préfère.

La pression de mon éditeur

Certains auteurs qui sont davantage que moi concernés par les trois motifs précédents souffrent peut-être d’une certaine pression de la part de leur(s) éditeur(s), voire même d’un contrat les obligeant à produire un certain nombre de textes à plus ou moins brève échéance.

Voilà bien une raison majeure de continuer d’écrire.

Mais ce n’est pas mon cas, loin de là. Personne ne me pousse à écrire, les contrats d’édition que j’ai signés concernent mon passé, en aucun cas mon avenir, sauf nouveau contrat.

Alors pourquoi continuer d’écrire ?

Photo de Startup Stock Photos sur Pexels.com

Ami(e) lecteur(trice), je t’aime bien mais des fois tu es impatient(e).

On y vient, on y vient.

En vérité il me tarde de te livrer le fond de ma pensée et le fruit de mes réflexions. Mais il me semble que ce sera plus facile de mettre tout cela par écrit après une bonne nuit de repos.

Je te donne donc rendez-vous demain pour la suite de ce billet.

Christophe

Écrivain à suspens

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