Dans mes rêves

Nous avons tous forcément un certain rapport au rêve.

Par exemple ma Chèrétandre supporte à peine que j’évoque les miens. Quand elle était petite c’était une sorte de rituel entre ses parents : sa mère racontait ses rêves et son père les interprétait. Ça l’a tellement saoulée que je dois garder les miens pour moi.

Un autre exemple : j’ai un copain qui s’appelle aussi Christophe et qui est aussi boulanger, qui est tellement fasciné par ses rêves qu’il prend des notes à son réveil afin d’être certain de ne pas les oublier. Quand il arrive au travail, il me les raconte en s’aidant des notes qu’il a rédigées dans le bloc-notes de son smartphone. Puis il les raconte aussi à Stefan et comme ses rêves sont souvent délirants et qu’il les suppose systématiquement prémonitoires, Stefan et moi et Christophe lui-même nous marrons comme des ânes dès qu’il pourrait y avoir un lien, aussi capillotracté soit-il entre son rêve du jour et le moindre évènement un peu significatif survenant au cours de la journée.

Il y a quelques jours, j’ai vu une création graphique super originale en rapport avec les rêves.

The Jaouen Salaun’s Dreambook, Diffusion Glénat

A côté de ses travaux de bande dessinée, Jaouen Salaun illustre ses rêves, ses pensées, un peu tout ce que son cerveau produit lorsqu’il le laisse livré à lui-même. Le résultat : des dessins oniriques, tour à tour poétiques, effrayants, sensuels ou … bizarres ! Organisés en six chapitres (Onirique, Mystique, Mythologique, Rétro, Médiéval, Science-fiction), cet incroyable sketchbook transporte le lecteur dans des mondes qui ne le laisseront pas indemne.

J’avoue que je trouve l’image de couverture un peu effrayante. En revanche je trouve le concept très intéressant. Bon, il faut quand même savoir dessiner … ce qui ne fait pas partie de mes capacités naturelles, loin s’en faut.

Mais comme j’arrive mieux à me faire comprendre par le mot que par l’image, je me suis dit que je pouvais peut-être développer le concept à l’écrit.

Ses rêves, Christophe B. les raconte, Jaouen Salaun les dessine, et si je les écrivais ?

Voyons ce que ça pourrait donner.

Un rêve pas clair dans le quel on confond la Hongrie et Madagascar

J’arrive dans ce grand bâtiment moderne où j’ai rendez-vous avec ma psychiatre. Contrairement à mes habitudes, aujourd’hui j’ai délaissé ma moto pour venir en voiture. Pourtant il fait beau, par encore tout à fait chaud mais il y a du soleil et le vent est léger. Toutefois, j’ai choisi de m’enfermer dans ma Skoda Roomster.

En me garant sur le parking de l’endroit j’avais remarqué que le teintage des vitres correspondait au coloris de ma voiture et ça m’avait fait plaisir.

Lorsque j’ai pénétré dans le bureau de la psychiatre j’étais très confiant. D’ailleurs je me suis peu épanché, lui demandant rapidement de me donner un bon d’essence afin que je puisse faire le plein. Elle m’a envoyé en chercher un à l’économat du centre socio-médical.

En traversant les couloirs j’ai repéré un Centre de Documentation et d’Information où quelques documentalistes prenaient en charge une classe d’enfants en difficulté. Tout à mon envie pressante j’ai noté qu’il y avait des toilettes dans la salle. J’y suis donc allé. C’était un peu gênant dans la mesure où ces toilettes étaient simplement installées le long du mur, à défaut d’une quelconque cloison qui m’aurait permis d’avoir un peu d’intimité.

Me soulageant de mon envie, je me demandais pourquoi une certaine documentaliste attendait patiemment à un mètre sur ma gauche que je finisse d’uriner. En refermant mon pantalon je constatai avec une certaine gêne que rien n’était prévu pour le lavage des mains, mais comme je voulais faire cesser l’attente de la documentaliste, je lui emboîtai le pas. Elle me conduisit à une table d’exposition un peu trop basse pour ma taille sur laquelle était ouverte une sorte de bande dessinée manifestement réalisée à la main sur des feuilles A4 par un de ces élèves en difficulté que j’avais vus un peu plus tôt.

La documentaliste qui était venue m’attendre pendant que je pissais et une de ses collègues étaient penchées sur la BD, visiblement soucieuses de connaître mon avis, pour ne pas dire mon verdict.

Les dessins représentaient de toute évidence des scènes de violence, voire de torture même si la qualité d’exécution n’était pas vraiment au rendez-vous. Il en ressortait une grande colère, pour ne pas dire de la rage. Il n’y avait pas de bulles dans les images mais du texte en bas de case, rédigé en anglais, dont il ressortait que l’auteur ressentait une grande aversion envers le gouvernement hongrois qu’il ne jugeait pas digne de confiance, le jeune dessinateur dénonçant par ses dessins et ses textes que ledit gouvernement se livrait à des exactions sur ses citoyens.

Souvent, le terme Magyar ressortait en majuscules écrites rageusement, jusqu’à arracher le papier. L’autre documentaliste me donna son avis : « Apparemment il en a après le gouvernement malgache … » Fustigeant son ignorance, je la repris avec agacement : « Magyar n’a rien à voir avec Madagascar, il s’agit de la Hongrie ! »

Puis j’entrepris de consoler l’enfant manifestement plus hongrois que malgache à en juger par ses traits en lui déclamant un slam inspiré par un texte que j’avais entendu il y quelques années sur les lèvres d’un rappeur africain de mes connaissances : « Les guerres sont un jeu de dupes, le vainqueur empoche la mise, se remplit les poches et il écrit l’Histoire. »

Puis je me suis réveillé.

Est-ce que ça vaut vraiment la peine qu’on en fasse un livre ?

2 commentaires

  1. On peut faire un livre avec n’importe quoi. Du coup, la question ne fait pas sens. A raison de 365 rêves (366 les années bissextiles), ça ferait un chouette almanach…

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