Poudre blanche Sable d’or, de Matthieu Luzak

Chaque mois je participe à l’opération Masse Critique sur Babelio. Le principe est simple : des éditeurs qui souhaitent mettre en avant certaines de leurs parutions proposent à des membres actifs de Babelio de recevoir un livre gratuit en échange d’une critique.

Chaque mois je postule ainsi pour une dizaine de livres et j’ai le plaisir de recevoir un nouveau livre que je m’empresse de lire et de critiquer. Pour l’opération de septembre, j’ai eu le privilège de recevoir de la part de La manufacture des livres Poudre blanche Sable d’or de Matthieu Luzak.

La quatrième de couverture

Le premier est un journaliste sans passion qui travaille pour un média de seconde zone. Vie de couple pourrie. Une fille née d’un plan d’un soir. Perspective zéro. Un bon joint au petit-déj pour oublier que les journées n’annoncent rien de neuf. Le second sort de taule. Des combines et suffisamment de relations pour faire son trou dans la cité. De la coke pour égayer le quotidien, juste ce qu’il faut. Les voici partis pour quelques jours entre potes à Malaga, histoire de décompresser. Le cadre n’est pas au top, mais au moins ils pourront parler entre hommes. Et justement, à Malaga, il y a quelques années, Farid a monté un sacré coup. De ceux qui réussissent et qu’on ne raconte pas trop. De ceux que les journalistes ne traitent pas et qui pourtant en disent long.

Dans ce premier roman, Matthieu Luzak nous propose d’accompagner dans leur virée des types qui racontent une société sans avenir et résolument contemporaine. A la manière des lyrics d’un rap cru, il nous livre les rêves et les drames des désillusionnés du XXIe siècle.

Ce que j’en dis …

J’ai d’abord été touché par la qualité du livre en tant qu’objet.

La singularité du triptyque de la couverture, le cadre blanc qui continue sur le rabat, les rabats -précisément – les dimensions, tout cela constitue un ensemble original et de bon ton qui m’a charmé avant même que je commence à lire. Je ne connaissais pas La manufacture des livres, aussi j’ignore si la charte graphique est rémanente mais j’espère que c’est le cas.

Puis viens le récit. Comme annoncé, il s’agit d’une publication résolument moderne, tant par le fond que par la forme. Le vocabulaire employé est un français contemporain parlé plutôt qu’écrit, émaillé de mots d’arabe des cités en italique, langue de banlieues, pas seulement parisiennes.

Certains apprécient de lire des livres policiers écrits par d’authentiques fonctionnaires de l’état, on a ici un livre de trafiquant écrit par un journaliste qui colle au milieu. Mais le milieu en question ne fait pas partie d’un univers exotique impénétrable : c’est celui dans lequel évolue toute une partie de la population française, voire européenne, engluée dans une économie parallèle devenue quasi incontournable pour qui veut subsister en dépit d’un certain curriculum vitae.

C’est écrit comme on filmerait un documentaire: immersif, caméra sur l’épaule, sans filtre.

J’ai beaucoup aimé les moments d’introspection de Matthieu Luzak qui s’interroge sur ses choix de vie, sur le sens qu’ils revêtent. Quelques moments d’intériorité dans un univers où seul l’extérieur compte.

La fin m’a surpris, piégé, j’ai repris le bouquin, relu les pages précédentes pour m’assurer que je n’avais pas loupé un truc. Juste ce que cherchait l’auteur, je suppose. Bien joué.

Je me suis dit en le lisant que c’est peut-être le genre de livre qui peut amener à la littérature un certain nombre de jeunes qui se divertissent plutôt avec Netflix et Fifa et qui n’envisagent même pas la lecture comme une éventuelle source de plaisir. Poudre blanche Sable d’or est peut-être le tremplin qu’il leur faut.

Pour ma part j’ai passé un bon moment qui m’a ramené quelques décennies en arrière sans pour autant déclencher de nostalgie.

Poudre blanche Sable d’or, de Matthieu Luzak est édité par La manufacture des livres.

Livre broché (avec des rabats) de 195 pages vendu 16,90€

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