Sarasqueta, de Chaïm Helka

Sarasqueta ? Qu’est-ce que c’est ?

Une rapide recherche sur un moteur dédié vous dirigera vers un site de vente de fusils de chasse.

Pas de problème, ça correspond.

Dès les premières pages du livre vous êtes aux côtés d’Alfonso Gutiérrez Carrasco parti dans la chaleur du soir à flanc de montagne avec sa mule, son chien, et son fusil de chasse dont vous avez sans doute déjà deviné la marque.

L’homme en noir saluant.

La quatrième de couverture

1939. Ce devait être pour l’homme quelques heures de solitude au cœur de paysages rudes et escarpés, une parenthèse de fin de journée, une partie de chasse sous le soleil écrasant d’Espagne. Mais l’inconnu en noir apparût au loin, mystérieux et implacable, son fusil à la main. Et l’homme comprit que la cible, c’était lui. Commença alors une curieuse traque, de celles auxquelles on ne peut se soustraire, une poursuite sans issue. Restait à l’homme à comprendre pourquoi, et si un jour, il n’avait pas lui-même, sans le savoir, ouvert cette porte qui menait aux enfers.

Sarasqueta est le récit d’une chute, des secrets enfin révélés et des comptes que l’on doit rendre un jour. Avec ce roman, poétique, hypnotique, Chaïm Helka nous conte l’histoire d’un face à face inexorable avec la mort et des dettes que l’on finit toujours par payer.

Ce que j’en dis …

Je poursuis mon cheminement dans La Manufacture de livres et je vais de bonne surprise en bonne surprise. Avec Poudre blanche Sable d’or j’avais découvert cette belle maison d’édition et la plume résolument moderne, urbaine à souhait, de Matthieu Luzak.

En découvrant Sarasqueta dans mon dernier déballage, je pensais devoir m’attendre à quelque chose de vaguement approchant.

Non, rien à voir, sinon que c’est encore un écrit de grande qualité.

Ici la plume est terriblement poétique, d’un charme entêtant, l’histoire hypnotique à souhait, comme un bon reggae roots.

Chaïm Helka nous transporte dans un univers introspectif à souhait, le flanc montagneux d’une aride région d’Espagne qui sort d’une guerre civile faisant figure de désert de Judée. Alfonso Gutiérrez Carrasco n’est cependant pas une figure christique même s’il évoque à maintes reprises le Sauveur de l’humanité pécheresse.

Si le parallèle doit être fait avec un personnage biblique, cet homme qui s’enfuit évoque sans doute davantage Caïn dans le poème de Victor Hugo dans les vers ultimes de La conscience :

Puis il descendit seul sous cette voûte sombre;

Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre

Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,

L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.

Sarasqueta évoque effectivement les affres de la culpabilité, les méandres douloureux où nous plongent les délires troublants engendrés par les soubresauts fiévreux d’une conscience accablante que l’on cherche à fuir. Tout cela est servi par une plume d’une irréprochable musicalité qui nous entraine inexorablement au cours d’un récit qu’on se surprend à espérer plus long quand bien même il semblerait répétitif.

Je me répète moi aussi, mais c’est bon comme un hypnotique reggae roots.

Ou inversement.

Quelques mots sur l’auteur

Chaïm Helka est né en France 1975 d’un père algérien et d’une mère espagnole, mais il a passé une partie de son adolescence à l’étranger. Aujourd’hui il vit et travaille à Dijon.

Amoureux de la littérature, ses influences vont de Louis-Ferdinand Céline à Racine en passant par Gustave Flaubert et Charles Bukowski, c’est dire si l’homme est ecléctique.

Avec Sarasqueta, il signe son deuxième roman à La Manufacture de livres après Nous sommes un orage sous le crâne d’un sourd publié en 2013. Espérons que ces deux-là sont les premiers d’une longue série.

Sarasqueta de Chaïm Helka est édité par La Manufacture de livres.

Un livre broché de 160 pages vendu 12,90€ dans toutes les bonnes librairies depuis le 4 novembre 2021.

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