Le carnaval des ombres, de R. J. Ellory

Dernier des cinq polars sélectionnés pour le prix des lecteurs des bibliothèques de Mulhouse lors du 9ème Festival Sans Nom, pas le gagnant du titre puisque c’est La forêt des disparus d’Olivier Bal qui l’a emporté, mais bel et bien mon préféré de cette sélection.

Je pensais d’ailleurs qu’il serait forcément le numéro 1 et je trouvais presque dommage qu’il figure parmi cette sélection tant il m’était évident que ce roman et son auteur étaient au-dessus du lot. Et pourtant non, il finit deuxième ou même troisième derrière A vif de René Manzor, je ne me souviens plus exactement de l’ordre du tiercé gagnant. Comme quoi ce prix a vraiment toutes ses raisons d’être.

Bon, pour le coup j’ai décidé de rompre avec une habitude à laquelle j’ai été fidèle jusqu’ici : utiliser le résumé de l’éditeur. Pourquoi ? Une simple question de référencement : lorsqu’une partie du texte d’un billet de blog est déjà utilisé par d’autres sources, le référencement SEO est moins bon. Du coup je me retrouve parfois trop loin dans les résultats de recherche à mon goût donc voilà. Le résumé sera le mien.

Le résumé

L’agent spécial sénior Travis se voit confier une mission bien particulière : enquêter sur la découverte d’un corps trouvé à proximité d’un cirque.

Mais il va devoir travailler seul, sans l’aide du bureau et sans renfort. Comme s’il s’agissait d’un rituel d’accession à un rang supérieur au sein du FBI.

C’est la fin des années 50 et le cirque n’est pas encore celui que nous connaissons aujourd’hui. Mais le FBI, les systèmes de pouvoir et d’influence semblent être gouvernés dans les mêmes règles et de la même façon depuis toujours.

Travis va progresser dans son enquête grâce à ses relations avec Doyle, le directeur du cirque, pour finir par rencontrer l’homme qu’il cherchait à connaître depuis longtemps sans se l’avouer : lui-même.

Ce que j’en dis …

Je crois que mon admiration pour R. J. Ellory en général et pour Le Carnaval des Ombres en particulier ressort clairement dès l’introduction mais je vais néanmoins en rajouter une couche.

D’abord notons que c’est un pavé. En soi c’est déjà assez clivant, ça effraie les petits lecteurs et c’est parfois casse-gueule, il faut bien le reconnaître. Il y a souvent davantage de longueurs sur 900 pages que sur 200, on est bien d’accord.

Mais pour le coup, ce n’est pas du tout l’impression que m’a laissé le Carnaval des Ombres. C’est bien plutôt un pur page turner magnifiquement construit. Paradoxalement le rythme est assez lent et la tension continue, une délicieuse torture pour le lecteur.

Pour le coup la psychologie des personnages est ici l’enjeu central du récit, donc que ceux qui aiment les polars où ça castagne et où sa défouraille à tout bout de champ passent leur chemin, merci.

Le nombre des thèmes abordés plus ou moins directement donne le tournis:

  • L’illusion
  • Le poids du passé
  • La construction de la personnalité et ses méandres
  • Les intrigues de la manipulation et de la domination des classes politiques par des sphères d’influences secrètes
  • Le pouvoir de l’esprit sur l’esprit
  • La liberté et la liberté de conscience

J’en passe certainement mais ce sont ces thématiques en particulier qui m’ont marqué.

Alors, certes, ça ne se lit pas aussi facilement qu’un roman plus modeste dans sa forme et dans son style, il faut y mettre du sien, choper le rythme, se laisser gagner par des ambiances assez indescriptibles, mais une fois qu’on est dedans, quel bonheur !

Ellory fait bien plus que nous raconter une histoire, il nous fait pénétrer dans un univers qui nous captive du début à la fin, nous rend incapable de lâcher le livre tant qu’il n’est pas fini et même incapable de l’oublier longtemps après l’avoir lu.

Par ailleurs, il y a un aspect lié à l’espionnage et aux différents bureaux de renseignement américains qui aurait pu me rebuter car c’est un thème qui ne m’intéresse pas du tout. Pourtant la façon dont l’auteur l’a amené m’a permis d’y prendre plaisir.

Je me suis retrouvé dans la peau d’un enfant qui n’aime pas manger des légumes mais qui se régale à les déguster lorsqu’ils sont préparés sous une forme inédite : beignets ou gâteaux.

C’est donc évidemment le N°1 de ma sélection.

Le Carnaval des Ombres, de R. J. Ellory est édité par Sonatine éditions.

C’est un beau pavé de 648 pages vendu 24€.

2 commentaires

  1. Cher Christophe,
    Je ne suis vraiment pas une lectrice de policiers, même si je suis amenée à en corriger quelques-uns. Mais tes articles sont si bien ficelés qu’ils me donneraient presque envie de m’y mettre. Je dis bien : « presque »…

    Une bise de loin,

    Joan

    Aimé par 1 personne

  2. Merci beaucoup Joan.
    Ah, c’est vraiment dommage. Celui-là en particulier est vraiment excellent.
    Je lis beaucoup de policiers actuellement bien que ce ne soit pas à priori mon domaine de prédilection mais j’y prends énormément de plaisir, je dois l’avouer.
    Je t’embrasse.
    Christophe

    J’aime

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