La Tour, de Doan Bui

Nomade, j’ai eu plus de quinze adresses depuis le début de mon existence, il y a cinquante ans. Parmi ces cinquante années, j’en ai passé beaucoup dans des blocs, une fois dans une tour de 18 étages à Saint-Ouen (93), au 2 rue du Landy.

Une petite tour donc comparée aux 37 étages de La Tour de Doan Bui.

Le résumé

La Tour est une succession de récits, des histoires de vies. Celles des personnages qui habitèrent ou hantèrent, ou habitent encore, ou bien habiteront, la Tour Melbourne, une Tour des Olympiades dans la 13ème arrondissement de Paris, métro Tolbiac.

Au fil des pages on découvre Clément Pasquier l’homme-chien, Anne-Maï la Vietnamienne, Virgile le story teller, Ileana la Roumaine, Bich et Liêm les jumeaux.

On les suit, eux et d’autres, on constate que leurs histoires se touchent et s’imbriquent et elles nous touchent, nous aussi. Parce qu’elle en disent long sur l’indicible. Sur la difficulté d’être Jaune dans une France Bleu-Blanc-Beur. Sur la triste condition d’un homme qui s’en prend à jalouser le chien de Michel Houellebecq, sur des destins interrompus.

Ce que j’en dis …

Franchement, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce livre.

Précisons que je l’ai lu sur liseuse puisque NetGalley et Grasset me l’on offert en version numérique. Or, il contient un très grand nombre de notes. Et ceux et celles qui utilisent une liseuse le savent, consulter des notes sur ce support n’est pas forcément une expérience jouissive. Surtout quand on a des mains format XXL.

J’ai eu aussi du mal à accepter le ton de l’auteure au début. Cynique, acerbe, critique, ça me déplaisait.

Mais le chapitre suivant est arrivé, j’ai alors réalisé que ce n’était pas le propos de l’auteure mais celui du personnage du premier chapitre et je me suis adouci en même temps que s’adoucissait l’écriture.

J’en vins aussi à m’habituer aux notes, comprenant qu’elle faisaient partie intégrante du procédé littéraire. Bientôt je les guettai.

Je ne saurais trop dire quand, je me suis laissé happé par ce roman magnifique, qui raconte des vies. Les vies de ces gens qu’on croise sans les voir, qui vivent des drames terriblement ignorés, mis en lumière ici.

La Tour est une roman magnifiquement humain, sensible et intelligent.

Il nous livre une part du passé, une vision du présent et une possibilité d’avenir puisqu’il se clôt en 2045.

La leçon à retenir : ne jamais se laisser rebuter par les premières pages.

J’ai eu du mal à entrer dans La Tour. Encore plus à accepter d’en sortir.

Magnifique bouquin.

La Tour de Doan Bui est édité chez Grasset.

Un livre de 352 pages vendu 20,90€.

Date de parution prévue : le 12 janvier 2022.

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