Un génocide pour l’exemple, de Fabrice Epstein

Il y a de cela quelques semaines, je découvrais Rock’n’roll Justice, une histoire judiciaire du Rock, de Fabrice Epstein.

J’ai beaucoup aimé son style et j’ai eu envie de rencontrer l’auteur. Très abordable, il a accepté. Notre entretien de presque une heure a donné lieu à un second article, Entretien avec Fabrice Epstein, un avocat Rock’n’roll.

Au cours de cette discussion qui n’est retranscrite que partiellement dans l’article en question, Fabrice m’a parlé d’un autre livre qu’il avait écrit précédemment, en rapport avec le génocide rwandais. Je lui ai proposé de le lire, il me l’a envoyé. Je viens de le refermer.

Le résumé

Je suppose que personne ne peut ignorer le massacre opposant les Hutus aux Tutsis dans la guerre fratricide que vécut le Rwanda en 1994.

On connait moins la suite judiciaire de ces événements.

Deux ans plus tard, la France se dote de l’appareil législatif lui permettant de juger les potentiels criminels de guerre hutus. Sauf qu’il ne s’agit peut-être pas d’une simple guerre.

En 2011, se tiendra le procès de Pascal Simbikangwa, suspecté d’avoir joué un rôle significatif dans le génocide rwandais.

Fabrice Epstein, jeune avocat parisien de trente ans, est commis d’office conseil de l’accusé.

Il nous raconte en détail cette histoire judiciaire unique, vécue de l’intérieur.

Ce que j’en dis …

Je ne suis pas un historien dans l’âme mais cette part sombre de l’histoire du XXème siècle ( ce siècle n’est-il pas d’ailleurs tout à fait sombre sur le plan historique ?) ne pouvait que m’intéresser.

Un détail, si l’on peut dire, rendait d’avance ce récit hautement épineux : l’avocat commis d’office (selon la formule que nous connaissons tous) de Pascal Simbikangwa, inculpé pour génocide, est un Juif, dont la famille a fait les frais d’un autre génocide, cinquante ans plus tôt.

Comment un homme qui sait les siens dévastés par le Shoah peut-il défendre celui qui porte une part de responsabilité dans le massacre rwandais ?

J’ai beaucoup aimé ce livre qui tient à la fois du roman, de la chronique et du document.

Il nous montre les dessous de la justice internationale, ses faiblesses, ses ubuesques inepties, son fonctionnement et ses dysfonctionnements.

Il décrit (avec un t) la soif, l’envie, le désir, le besoin de Justice de cet avocat juif, défenseur d’un bourreau indexé par l’État français.

Un coupable idéal ? Un procès truqué comme celui d’un certain autre juif condamné par ses pairs il y a presque deux mille ans déjà ?

Six mois de procès racontés avec une évidente sincérité, avec passion, par cet avocat plein d’avenir.

C’est ce que propose Un génocide pour l’exemple.

Et il tient ses promesses.

Un génocide pour l’exemple, de Fabrice Epstein est publié par les Éditions du Cerf.

Un livre broché de 308 pages vendu 22€.

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