Blackhole, La Faucheuse en sursis, de JMB

Je ne sais pas pour quelle raison j’associais Librinova à la littérature de l’imaginaire. J’avais sans doute …

Pause.

Mon instinct me pousse à me diriger vers ma bibliothèque, je crois savoir.

Oui ! Je sais. L’excellent ouvrage de Stéphane Arnier, Le déni du maitre-sève, superbe premier volet d’une saga de fantasy en quatre volumes intitulée Mémoires du grand automne, avait remporté en 2015 le concours Osez la publication organisé par DraftQuest et Librinova au terme du MOOC « Écrire une œuvre de fiction« .

Ainsi dans mon esprit, Librinova était liée à Stéphane Arnier et au MOOC de DraftQuest, tous deux représentatifs d’une imagination splendide et d’une recherche de qualité littéraire.

Voilà donc ce qui me poussa à solliciter Blackhole de JMB, proposé par Librinova sur NetGalley. En plus de la couverture qui m’a plu. Elle me faisait penser aux couvertures des livres de la collection Anticipation, chez Fleuve noir, dans les années 80.

Bon feeling, donc.

Le résumé

Je renonce à produire un résumé de ce livre par souci d’honnêteté intellectuelle et restitue donc ici celui qui est proposé, probablement par l’auteur, JMB, sur NetGalley :

Jack Crawford est alcoolodépendant depuis trop longtemps. Son vœu le plus cher : rivaliser à armes égales avec ce fléau démoniaque, cette drogue insidieuse qui le ronge et le détruit un peu plus chaque jour.

Son demi-frère Gustave – incarcéré au sein des murs vétustes de la prison de Paname à la suite d’un braquage à main armée, achevé pitoyablement dans un bain de sang – connait le mal-être du ‘frangin’. Jack vient à la demande de son frère le récupérer à sa libération tant convoitée.

Le retour au bercail, en city car de location, s’avérera tumultueux pour ne pas dire renversant.

Un malaise cardiaque contracté par le frère aîné au volant du véhicule électrique.

Une EMI- expérience de mort imminente. Une replongée en coma artificiel bouleversante opérée par un service hospitalier tant expérimental qu’énigmatique. Deux univers parallèles mais conflictuels, un faux-fuyant entre onirisme et réalité, morts et vivants. Une odyssée au cœur de l’imaginaire du narrateur mais cependant inspirée de faits réels non élucidés.

Ce que j’en dis …

Les habitués du site le savent, je suis bon public. Je ne cesse de m’extasier livre après livre.

Je trouve toujours du bonheur à découvrir de nouvelles plumes.

C’est dire combien ma déconvenue a été grande.

Après vérification, Librinova n’est qu’une plateforme d’autoédition, encore une.

Blackhole m’a délivré du début à la fin tout ce qui m’horripile dans les ouvrages auto-édités en général. Je ne disconviens pas que ce circuit alternatif peut receler des pépites, peut-être, toutefois, ce livre n’en est pas une.

Ponctuation hasardeuse, vocabulaire inapproprié, abus de parenthèses, de guillemets, de tirets, ayant pour seul résultat – peut-être pour objectif – de produire des phrases à rallonge. Sans compter l’utilisation compulsive de majuscules.

Il n’y a ni description, ni psychologie des personnages. Des termes compliqués utilisés pour donner une ambiance de science-fiction. En définitive un vide abyssal.

Je ne tire par à boulet rouge sur l’ambulance. Pour preuve, un extrait :

L’unique raison inavouable causant le syndrome amnésique de Jack Crawford- avec en l’occurrence, son absence totale de cognition concernant son passé, muré désespérément dans un délire post- traumatique invraisemblable, son instabilité émotionnelle induisant variations d’humeur et surestimation du moi profond, ainsi que le manque évident de discernement et d’objectivité vis-à-vis de sa situation-trouvait son explication incontournable dans la survenue impromptue d’une interruption dysfonctionnelle du cycle anormalement écourté (sans motif particulier) concernant le protocole  » Synapsis I  » incombant naturellement le réveil prématuré du sujet.

Précisons que j’ai respecté la ponctuation d’origine.

Je me dois de rappeler à JMB que non, une voiture électrique ne peut pas produire un tintamarre assourdissant de moteur vrombissant.

Le tintamarre assourdissant du moteur toujours vrombissant, mêlé au sifflement saccadé des bourrasques venteuses, baignaient l’atmosphère d un leitmotiv sonore lancinant rappelant les meilleurs refrains de Western ‘spaghetti’.

Je souhaite de tout cœur à JMB de sortit de son addiction à l’alcool et peut-être à d’autres substances. Sincèrement. Et si l’écriture peut l’y aider c’est génial.

Pour ma part, je suis allé au bout de ce livre, comme hypnotisé par ce style incroyable et la vacuité insondable de ce récit.

Ma seule joie fut de voir défiler rapidement le pourcentage affiché en bas à droite de la page. J’en aurai bientôt fini.

Au terme de cette laborieuse lecture, j’apprends qu’il y aura un second tome.

Désolé, JMB, mais ce sera sans moi.

Blackhole, La faucheuse en sursis, de JMB est publié par Librinova.

Le livre broché de 167 pages coûte 13,90€.

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