Abandonner un chat, de Haruki Murakami

Quel plaisir de constater que les éditions Belfond ont accepté ma demande de recevoir via NetGalley leurs deux nouvelles publications signées Haruki Murakami, un de mes auteurs favoris. Abandonner un chat et Première personne du singulier, qui paraissent tous les deux le 20 janvier 2022.

La dernière fois que j’avais eu le plaisir de lire Murakami, c’était pour Le meurtre du Commandeur.

Je parlerai aujourd’hui d’Abandonner un chat.

Résumé

Il s’agit d’un essai. Le deuxième que je lis de cet auteur, le premier étant son Autoportrait de l’auteur en coureur de fond.

Cet essai s’ouvre sur un souvenir d’Haruki Murakami. Un jour, son père l’a emmené en bicyclette pour abandonner le chat de la maisonnée sur une plage avoisinante.

Puis il poursuit en racontant ce qu’il sait de la vie de son père à présent disparu.

Son père qui reçut une formation de prieur dans un temple bouddhiste mais qui se retrouva finalement incorporé dans l’armée japonaise à trois reprises. Certains faits lui ont été confiés par son père lui-même, d’autres par sa mère ou d’autres parents.

Il en parle avec sincérité et douceur, confiant même être resté sans lui parler pendant vingt ans.

Ce petit livre est enrichi de magnifiques illustrations comme c’est aussi le cas de Birthday Girl qui était une nouvelle.

Dans Abandonner un chat, c’est Emiliano Ponzi qui signe les illustrations. d’après ce que j’ai pu lire ailleurs, elles sont parfois en noir et blanc, parfois en couleurs.

La traduction du japonais vers le français a été assurée par Hélène Morita.

Ce que j’en dis …

Pour en revenir aux illustrations, dans ma liseuse je n’ai pu les découvrir qu’en noir et blanc mais elles sont déjà magnifiques ainsi.

Quant au texte, il est particulier puisque Haruki Murakami nous dévoile une intimité dans laquelle il n’est pas vraiment possible de pénétrer. En le lisant, j’avais le sentiment d’être invité à boire le thé avec l’auteur qui me racontait ses souvenirs. Je l’écoutai parler patiemment, sans l’interrompre, en me délectant d’une gorgée de ce thé chaud et parfumé. Parfois je haussai un sourcil, esquissai un sourire. Murakami continuait à parler, souriant lui aussi à l’évocation d’un souvenir agréable. Mais jamais je ne l’ai vu froncer les sourcils d’un air douloureux. Il a conservé un visage serein et apaisé durant tout le monologue. Ma tasse bue, je suis resté à l’écouter avec plaisir. Même lorsqu’il me confia qu’il était resté sans parler à son père pendant vingt ans il n’avait pas l’air de le regretter. Les faits sont les faits. Même lorsqu’il m’expliquât que son corps devenait parfois invisible, je le compris tout à fait, constatant l’effacement de ma propre main posée sur la table. Lorsqu’il acheva son récit, me congédiant d’un sourire, je sortis à pas feutrés, refermant la porte doucement pour ne pas faire de bruit, ne pas troubler la paix qui s’était installée.

Je reviendrai avec plaisir boire le thé avec Haruki Murakami.

Abandonner un chat, de Haruki Murakami est édité par Belfond.

Ce petit livre joliment illustré de 81 pages est vendu 17€.

Un commentaire

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