Première personne du singulier, de Haruki Murakami

Ce n’est pas seulement une, mais deux nouveautés signées Haruki Murakami que nous propose Belfond pour la rentrée de janvier.

J’ai déjà dit ce que je pensais d’Abandonner un chat avant-hier. Première personne du singulier fait donc l’objet de l’article d’aujourd’hui puisque NetGalley m’a permis de bénéficier de la lecture des deux ouvrages en question.

Résumé

Il s’agit d’un recueil de huit nouvelles initialement parues dans des revues anglo-saxonnes (The New Yorker, Freeman’s, Granta) entre janvier 2019 et juin 2020.

Toutes ces nouvelles sont écrites à la première personne du singulier et faisant suite à la lecture d’Abandonner un chat, elles donnent à penser qu’il s’agit simplement d’une compilation de souvenirs de l’auteur.

1 – Sur un oreiller de pierre

Dans cette première nouvelle, Haruki Murakami se souvient d’une jeune femme avec qui il avait eu une aventure. Elle l’avait prévenu qu’au moment de l’orgasme elle crierait sans doute le nom d’un autre homme. Mais ça ne le dérangeait pas outre mesure. Par ailleurs, elle écrivait des poèmes.

2 – La crème de la crème

Une rencontre avec un homme âgé qui lui explique ce qu’est le secret du bonheur, la crème de la crème, comme disent les Français.

3 – Charlie Parker plays bossa-nova

Grand amateur de jazz, l’auteur avait écrit dans sa jeunesse un article consacré à un album de Charlie ‘Bird’ Parker inédit dans lequel celui-ci jouait de la bossa-nova. Il s’agissait d’une blague, la jazzman était déjà décédé et cet album n’a jamais existé. Ou peut-être que si.

4 – With the Beatles

Haruki Murakami aime beaucoup les femmes. Il en parle souvent dans ses livres. Alors qu’il avait dix-huit ans, il avait vu une jeune fille courir en serrant contre sa poitrine l’album éponyme des Beatles. Il ne l’a pas oublié.

5 – Recueil de poèmes des Yakult Swallows

En France beaucoup de personnes soutiennent moralement une équipe ou un club de football en particulier. Au Japon, c’est davantage le base-ball qui fascine les foules. L’auteur n’échappe pas à cette tendance. Sauf que lui a décidé de supporter un club de perdants. Pendant que se jouent des matches inintéressants il compose des poèmes, allongé dans l’herbe du stade.

6 – Carnaval

Il existe des femmes très belles. D’autres sont moins belles, certaines sont passables. Rares sont les laides mais Haruki Murakami en a rencontré une avec qui il partageait une passion pour la musique classique. Et particulièrement pour le Carnaval de Schumann. Au point d’en écouter et de commenter tous les enregistrements existants.

7 – La confession du singe de Shinagawa

Un jour, alors qu’il séjournait dans une auberge sans prétention, plutôt miteuse à vrai dire, l’auteur a été servi par un singe. Un singe qui parlait comme un homme. Il a d’ailleurs passé une nuit en sa compagnie à boire de la bière en discutant.

8 – Première personne du singulier

Où l’on apprend que Haruki Murakami aime mettre un costume de belle facture pour se promener dans son quartier et même un peu plus loin. Mais tout le monde n’apprécie pas.

Ce que j’en dis …

Évidemment, je me suis régalé.

Je ne vais pas me lancer dans une analyse détaillée des huit nouvelles mais livrer une impression d’ensemble.

Comme je l’écrivais plus haut dans l’article, on croirait d’abord avoir affaire à de simples souvenirs de l’auteur. D’autant que la touche d’onirisme qui marque d’habitude l’écriture de l’auteur n’est pas – ou peu – présente dans les premières nouvelles de ce recueil. Mais elle arrive à point nommée.

Particulièrement dans La confession du singe de Shinagawa, qui est ma nouvelle préférée dans ce recueil – même si j’ai beaucoup aimé les sept autres – et qui a visiblement servi de référence pour la couverture du livre. Ce singe parlant m’a immédiatement fait penser à celui de la nouvelle de Kafka illustrée par Mahi Grand, dans La conférence. Et lorsqu’on sait l’admiration de Murakami pour Kafka, il n’y là rien d’illogique.

Dans la plupart des nouvelles on retrouve une certaine structure : l’auteur se rappelle un épisode lié à sa jeunesse, autour de ses dix-huit ans. Il s’agit souvent d’une rencontre qu’il raconte en détail. La personne en question disparait de sa vie pendant des dizaines d’années, puis une anecdote survient dans la vie de l’auteur qui lui ramène cette personne à la mémoire. C’est cette anecdote secondaire qui le pousse à écrire.

Et puis il y a ce constat qui vaut aussi pour notre propre histoire : il nous arrive de rencontrer des personnes marquantes, de vivre des moments mémorables. Ils ne vont peut-être pas jouer un rôle déterminant dans notre existence. Mais nous nous en souvenons avec plaisir.

Si de surcroit on possède une plume envoutante et le talent indiscutable de Haruki Murakami, cela donne l’occasion d’offrir à ses lecteurs un beau recueil de nouvelles.

Dont ils se délecteront.

Première personne du singulier, de Haruki Murakami est édité par Belfond.

C’est un livre de 150 pages vendu 21€.

Date de parution : 20 janvier 2022.

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