May, de Laurent Cappe

Un château, deux femmes, trois destins.

Et de quoi me réconcilier avec l’autoédition.

Parce que, il faut bien l’avouer, je ne suis pas un adepte du genre. Ce ne sont pas des préjugés : j’ai longtemps collaboré avec une maison d’édition à compte d’auteur que je ne citerai pas, alimentant un précédent blog que j’ai supprimé depuis, et je peux avouer que j’ai lu bien des livres qui n’arrivaient pas à la cheville de celui-ci. Ils lui dépassaient à peine le talon.

Résumé

Belle porte bien son prénom. Parisienne affairée dans une entreprise qui ne lui apporte plus grand chose qu’un salaire confortable, elle ne se reconnait plus dans la vie qui est la sienne et décide de changer de cap le jour ou elle tombe sur une annonce publicitaire ventant les mérites d’un domaine du 18ème siècle cherchant acquéreur dans le Nord de la France.

La jeune femme est fortunée, le coup de foudre est immédiat, elle investit ses économies dans le château de Broclemet qu’elle envisage d’aménager en maison d’hôtes. L’endroit est magnifique. L’ancienne propriétaire, May, a laissé presque tout le mobilier d’époque en place, particulièrement une somptueuse bibliothèque contenant des centaines de classiques dans leur version originale, une petite fortune tant littéraire que pécunière.

Dans certains de ces livres, May a intercalé entre les pages des lettres à destination de la nouvelle propriétaire, des lettres qui éclairent Belle sur ce que fut la vie de May et l’histoire du château de Broclemet.

D’abord seule avec sa fille de cinq ans, Victoire, Belle va bientôt goûter à l’agréable compagnie de Marc et Élisa, un couple de quinquagénaires en charge de l’entretien du domaine. Elle sera bientôt rejointe par son amie Jasmine qui l’aidera à prendre en main ses affaires de chatelaine et l’accompagnera dans sa quête épistolaire sur les traces de May.

Ce que j’en dis …

Ce qui m’a d’abord frappé dans le livre de Laurent Cappe, c’est la merveilleuse musicalité de sa prose. On lit ses lignes comme on écouterait une musique de chambre. Chaque note est à sa place, chaque mot sonne correctement, les phrases ont la longueur qui convient, à la syllabe prêt. Non pas que l’écriture soit codifiée, elle est simplement, véritablement, admirablement harmonieuse.

L’histoire est remarquablement bien construite. Les lettres de May que Belle découvre dans la bibliothèque permettent de mettre habilement une image sur l’identité de cette personne rien que par les livres qu’elle choisit pour y cacher ses missives. Par ailleurs ces livres sont aussi en rapport avec l’épisode de sa vie que May narre dans chacun de ces courriers personnels destinés à une inconnue. La paradoxe est troublant, il est aussi de plein de charme.

Les personnages secondaires prennent de la place dans l’intrigue et de l’épaisseur peu à peu, à un rythme savamment contrôlé.

On ne sait bientôt plus si c’est le parcours de Belle, au présent, qui nous intéresse le plus, ou celui de May, au passé, terriblement prenant, émouvant sans être pathétique.

Laurent Cappe maîtrise son récit tout autant que sa plume et nous tient en haleine, du début à la fin, nous malmène presque tant on désire ardemment découvrir, savoir et comprendre.

Je referme le livre conquis, impatient de découvrir d’autres écrits de cet auteur dont je ne m’étonnerais pas qu’il ait été contacté par de vrais éditeurs.

May, de Laurent Cappe est publié par les éditions Vendeurs de Mots.

Un livre broché de 350 pages vendu 17€.

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