Requiem pour une apache, de Gilles Marchand

Parfois le sort nous brosse dans le sens du poil. Pas toujours mais des fois.

C’est le bon coup qu’il m’a réservé avec ce livre pour lequel j’avais postulé lors de la dernière Masse critique de Babelio. Dans mon ignorance, je n’avais pas prêté attention au fait que ce magnifique roman avait initialement été édité par Aux Forges de Vulcain.

J’avais sollicité plein d’autres livres dans ma sélection mais le sort voulait m’être agréable apparemment.

Résumé

Comme son nom l’indique, Requiem pour une apache est un texte écrit en l’honneur d’une défunte apache. Pas une amérindienne, plutôt une apache parisienne, façon Bérurier Noir.

Pourtant Jolene n’est pas une révolutionnaire dans l’âme. Ou peut-être que si, mais une révolutionnaire qui s’ignore. Comme les autres. Tous ces autres qui l’ignorent et tous ces autres qui sont des apaches qui s’ignorent.

Jolene est caissière dans un supermarché, un être invisible. Des comme elles il y en a une à chaque caisse, avec un badge sur sa blouse, avec un prénom sur son badge.

Pourtant Jolene n’est pas son prénom. C’est le titre de la chanson de Dolly Parton qu’elle met dans le juke-box quand elle va chez Jésus après son travail.

Chez Jésus il y en a plein d’autres comme elles, des gens que la société ignore en les piétinant d’un air distrait. Ils subissent en silence, à grand renfort de boissons alcoolisées et de poésie. Une autre chose qui les aide à supporter leur supposée faiblesse, c’est de s’aimer les uns les autres comme Jésus les y encourage.

Ils sont ensemble et ensemble ils sont bien.

Tout ce petit monde s’aime en silence, s’épaule sans bruit jusqu’à ce qu’un employé du gaz malpoli vienne jeter une étincelle sur une tonne de poudre. Et alors tout s’enflamme.

Jolene d’abord. Les autres aussi et finalement tout le quartier.

Jusqu’où cela va-t-il les mener ?

Jusqu’où cela les a-t-il menés ?

Ce que j’en dis …

Encore un livre qui m’est allé droit au cœur.

Requiem pour une apache c’est l’histoire d’une quête de la dignité des petits et c’est une belle entreprise.

Peut-être que je suis un lecteur gauchisant, j’avoue que j’écoute France-Inter, mais je crois que je m’efforce pourtant d’être neutre.

Mais il n’empêche que je suis sensible à l’insensibilité du monde. Sensible à la souffrance muette des minorités, sans doute parce que je connais cette souffrance dans mon être même.

Et en lisant ce livre je me suis senti à la fois compris et comprenant. Une tonne d’empathie à chaque page. Sans parler de la poésie.

Suzanne, l’odeur de l’hôtel qui a une chambre réservée tant elle constitue une habitante des lieux à part entière. Marcel, qui danse en se tenant simplement debout sur une table, tous muscles bandés et un masque de catch sur le visage. Gérard, le résistant, qu’on a oublié pendant une trentaine d’années dans le grenier. Mais il a résisté.

Et tous les autres. Inoubliables.

Merci Gilles Marchand. Merci Babelio. Merci Points. Merci David. Merci Jolene.

Requiem pour une apache, de Gilles Marchand est publié par Points.

Cette édition en livre de poche fait 365 pages et coûte 7,90€.

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