Lucky Luciano, testament, par Martin A. Gosch et Richard Hammer

Voilà quelques jours que je n’ai écrit aucune chronique car j’étais pris par un pavé d’une densité extraordinaire, un incroyable document, plus noir que tous les polars imaginables.

Il ne s’agit pas d’une œuvre de fiction mais de l’histoire du plus grand gangster de tous les temps, racontée par lui-même ou presque.

Résumé

Depuis sa naissance en 1897 jusqu’à sa mort survenue en 1962, ce livre retrace l’histoire de Lucky Luciano sur la base d’une série d’entretiens tenus en toute confidentialité avec Martin A. Gosch, cinéaste hollywoodien, en vue de la conception d’un film sur l’histoire de la mafia en Amérique.

Le film en question n’a jamais abouti mais avec la collaboration de Richard Hammer, journaliste spécialisé dans les récits ayant trait à la grande criminalité, Martin A. Gosch a donné le jour à ce document exceptionnel qui a fait l’objet d’une première édition française chez le même éditeur (La manufacture de livres) en 2014.

On y apprend comment ce gamin pauvre dont la famille a quitté la Sicile dans l’espoir de conquérir le rêve américain est devenu l’homme le plus redouté des Etats-Unis.

Depuis les menus larcins de son adolescence jusqu’à la domination sur l’ensemble des réseaux mafieux du crime organisé, en passant par les années de la Prohibition et la seconde Guerre Mondiale, sans oublier quelques années de prison, Lucky Luciano s’est imposé comme le gangster qui a hissé la simple délinquance au rang de véritable industrie du crime.

Son influence s’est fait sentir non seulement en Amérique mais aussi à Cuba, aux Bahamas, et en Europe, de l’Italie jusqu’à l’Angleterre en passant par la France.

Lucky Luciano raconte comment il a organisé la mafia américaine, depuis le racket des commerces jusqu’au trafic de stupéfiants en passant par les réseaux de prostitution et les casinos.

Impossible de savoir si tout est vrai, mais tout est dit. Non seulement sur la mafia, mais aussi sur la corruption, sur ses rapports avec la police, les hommes politiques, et les femmes.

Ce que j’en dis …

Ce méchant pavé de plus de cinq cents pages et un véritable trésor d’histoire américaine, indispensable à l’étudiant concerné par la criminalité américaine de la première moitié du vingtième siècle.

Il séduira immanquablement les lecteurs passionnés d’histoires de gangsters, depuis Al Capone jusque Les incorruptibles. Tous ceux qui ont aimé Le Parrain, Il était une fois en Amérique et tous les films en rapport avec la mafia d’une manière générale, vont pouvoir se plonger dans la génèse de toutes ces oeuvres de fiction en découvrant comment tout s’est réellement passé.

Ce gros livre très richement documenté par Lucky Luciano himself contient en outre un album photo dans les pages centrales où figurent les plus grands noms de la pègre américaine de l’époque. Les mecs ne sourient pas beaucoup.

Outre son indéniable intérêt documentaire, ce Testament de Lucky Luciano jette une lumière crue sur les les liens occultes qui existent entre les représentants de l’État, de l’Église et de la Mafia.

Certes il s’agit d’une histoire passée mais cela interroge fortement le lecteur que je suis sur la réalité du présent. La criminalité existe toujours n’est-ce pas ? Las Vegas n’a pas disparu, n’est-ce pas ?

Que sont devenus les gangsters de l’époque ? Qui les a remplacés ou leur a succédé ?

La politique et l’église se sont-elles nettoyées de ces sales accointances ou pas ?

Ah, que j’aimerais être encore plus naïf que je ne le suis …

Mais outre ces questions qui n’en sont pas réellement, il y a aussi une réflexion permise sur le sens de la vie. En quoi l’homme le plus puissant des Amériques est-il plus libre que le citoyen lambda ? Quelle sont les limites du pouvoir?

La domination, la puissance, n’écrasent pas seulement ceux qui sont dominés, mais aussi ceux qui dominent …

Que l’internaute se rassure, il ne s’agit pas là d’un livre de philosophie. Mais il donne néanmoins du grain à moudre au moulin de celui qui se plait à méditer.

Lucky Luciano, testament par Martin A. Gosch et Richard Hammer est édité par La manufacture de livres.

C’est un gros livre de 512 pages, illustré en son centre, qui coûte 22,90€.

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