La Maison enchantée, d’Agathe Sanjuan

Jouissant d’un esthétisme rare et d’une prose au vocabulaire on ne peut plus précis, ce premier roman est remarquable en sa singularité.

Aux Forges de Vulcain propose un catalogue furieusement hétéroclite dans lequel le trash de Romain Ternaux côtoie aisément la préciosité d’Agathe Sanjuan. Les auteurs de cette magnifique maison d’édition possèdent un point commun remarquable : ils ne ressemblent à aucun autre de leur pair.

Agathe Sanjuan a donc été accueillie à juste titre au sein de la maison, enchantée sans doute, de la place que lui offre David Meulemans dans sa galerie de talentueux auteurs.

Le résumé

La beauté peut-elle sauver le monde ?

Zoé est une jeune femme discrète. Rien ne la distingue des autres, sinon une passion dévorante pour l’art, née à l’adolescence. Montée à Paris, elle entreprend d’abord des études d’histoire de l’art, qu’elle abandonne, persuadée qu’une telle voie détruirait, à terme, son amour de l’art. Elle finit par trouver un apparent salut dans la collection d’estampes. Mais, un jour, elle est conviée à visiter une collection privée unique au monde, qui fait son admiration et sa terreur, quand ce miroir tendu à son obsession lui fait voir ses dangers.

Ce que j’en dis …

J’ai d’abord été un peu désorienté par le style inattendu de l’autrice. Des phrases à rallonge, un vocabulaire d’une précision hors du commun, d’une richesse me dépassant.

Par ailleurs, le domaine abordé, de l’art et de son histoire, me fit craindre un instant de n’avoir pas les clés, de ne pas maitriser les codes nécessaires à la découverte de cet univers jusqu’alors inconnu.

Mais je me laissai emporter par la puissance évocatrice de cette charmante plume et fus rapidement gagné par l’onirisme ambiant, ne lâchant bientôt plus ce livre surprenant que par stricte nécessité.

J’ai éprouvé un étrange sentiment à la lecture de cet ouvrage qui est à rapprocher de celui qui m’habita à celle du Parfum de Patrick Süskind : celui de l’immersion dans un monde qui fascine son auteur mais où tout m’est étranger sinon cet enthousiasme qui se partage facilement.

J’y ai aussi retrouvé cette dimension onirique que j’apprécie tant dans les écrits, fort différents par ailleurs, de Haruki Murakami.

Pour tenter d’exprimer le ravissant trouble ressenti à la lecture de ce roman, je dirais qu’il y a pour le lecteur quelque chose qui tient à la fois du voyeurisme et du privilège. Comme si Agathe Sanjuan consentait à me raconter une histoire en dépit de mon ignorance du domaine qu’elle allait aborder.

Comme si ce n’était pas son livre qui était décalé par rapport à mes habitudes de lecture mais plutôt moi en tant que lecteur qui ferais figure d’intrus dans un lectorat rigoureusement sélectionné.

Tout cela étant totalement subjectif puisqu’il s’agit de s’acquitter du prix de l’ouvrage pour avoir le privilège de le lire et de le posséder.

Ce qui semble à peine croyable …

La Maison enchantée d’Agathe Sanjuan est édité par Aux Forges de Vulcain.

Le livre broché de 400 pages est vendu 20€.

Date de parution prévue : le 4 mars 2022.

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