La petite gauloise, de Jérôme Leroy

Alors que Les derniers jours des fauves continue à faire parler de lui jusque dans Le Masque et la Plume sur France-Inter, j’ai décidé de renouveler mon plaisir en me plongeant dans un précédent livre de Jérôme Leroy chez le même éditeur, La Manufacture de livres : La petite Gauloise, un excellent ouvrage.

Le résumé

Dans une grande ville de l’Ouest, le temps est suspendu et l’on s’attend au pire. Enfin, si seulement on savait à quoi s’attendre … Mais il aurait fallu que l’indic parle plus tôt. Ou que le flic auquel il s’est confié avant d’être descendu ne soit pas lui aussi tué par erreur. Il aurait fallu que les types qui préparent le coup ne se retrouvent pas éparpillés aux quatre coins de la ville, planqués dans des caves et des entrepôts. Il aurait fallu que cette affaire-là ressemble à ce que l’on connaît. Seulement qui pouvait prévoir que tout repose entre les mains d’une gamine encore au lycée, de cette petite Gauloise mystérieuse et prête à tout pour que sa vie ait un sens ?

Après Le Bloc et L’Ange gardien, Jérôme Leroy, subtil observateur des dérives politiques et identitaires de notre société, nous offre un nouveau roman incisif et troublant.

Ce que j’en dis …

J’avais beaucoup aimé le style percutant des Derniers jours des fauves et honnêtement, je ne m’attendais pas à lire quelque chose qui le soit encore davantage !

En fait c’est peu dire, on est vraiment plusieurs crans au-dessus.

La petite Gauloise est un livre court, qui se lit très vite, d’une traite pourquoi pas. Un roman qui porte en lui un sentiment d’indignation légitime. Il sonne comme une gifle et dénonce l’acceptation résignée d’une violence multiforme et omniprésente.

Tout le monde en prend pour son grade et c’est bien fait. Tous les protagonistes sont pétris d’égoïsme et de nullité crasses, l’ensemble est très sombre et totalement dépressif. Mais pour autant ce livre ressemble plus à une photo prise sur le vif d’une réalité qu’on aurait préférer cacher qu’à une satire sociale ou une caricature politique.

Jérôme Leroy y dénonce pêle-mêle dérives identitaires et islamisme radical, en passant par l’Éducation Nationale et la condescendance de certains auteurs bobo, mais surtout il pointe du doigt une génération d’adultes qui n’enthousiasme plus la jeunesse française (au sens réel du terme, c’est à dire la plus large possible, dans son acceptation multiraciale évidente).

Une jeunesse de France en quête de sens et sans interdit.

Définitivement dangereuse dans son nihilisme et sa résignation triste.

Un livre qui occupe plus l’esprit après sa lecture que pendant, intéressant et prenant du début à la fin, obsédant ensuite.

La petite Gauloise, de Jérôme Leroy est édité par La Manufacture de livres.

Un livre broché de 142 pages, vendu 12,90€.

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