Pachinko, de Min Jin Lee

Tout s’est passé dans le temps d’un regard. Le mien, qui fut happé par la splendide couverture de ce livre qui patientait sur le meuble d’exposition de la bibliothèque municipale.

L’harmonie du turquoise et de l’orange, la femme en kimono de dos avec son ombrelle. Il n’en fallait pas davantage pour aggraver mon cas et la hauteur de ma PAL.

Je n’ai pas résisté, je n’ai même pas cherché à le faire.

Le résumé

L’histoire nous a failli, mais qu’importe.

Début des années1930.

Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par les belles paroles et tendres attentions d’un riche étranger. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte et que son amant est déjà marié, elle est confrontée à un choix : devenir, comme tant d’autres jeunes femmes dans sa situation, une seconde épouse, une « épouse coréenne » ou couvrir sa famille de déshonneur. Elle choisira une troisième voie : le mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu’elle connaît à peine et qui lui offre une nouvelle existence au Japon. Cette décision est le point de départ d’un douloureux exil qui s’étendra sur huit décennies et quatre générations.

Avec une justesse historique remarquable et une écriture précise et dépouillée, Min Jin Lee nous offre, à travers un siècle de relations nippo-coréennes, un hymne intime et poignant à tous les sacrifices que font les immigrés pour trouver leur place en pays étrangers.

Ce que j’en dis …

Avec sa petite phrase d’accroche figurant sur la première de couverture, discrètement signée Barak Obama : « Une histoire puissante sur la résilience et la compassion », on se dit que c’est déjà un beau passeport pour le succès.

Par ailleurs, le livre a effectivement touché beaucoup de lecteurs si j’en crois le nombre de notes et d’avis sur Babelio, qui reste à mon sens un avis de référence intéressant.

Bon, il figure parmi ce qu’il convient d’appeler les pavés avec ses 623 pages dans l’édition brochée et il explique mon silence d’une semaine. Mais il se lit bien, son vocabulaire est accessible et le style particulièrement fluide, tout en douceur et en émotions simples.

Bien que la romance ne soit pas mon genre de prédilection, c’est quelque chose de cet ordre qui m’a plu, particulièrement dans la première partie de ce livre qui en compte trois.

De 1910 à 1989, nous y suivons une humble famille coréenne. D’abord en Corée, puis au Japon et finalement aux Etats-Unis.

J’ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers où la culture asiatique est très présente et c’est un luxe pour moi, européen, de pouvoir comprendre la distinction qui est faite entre le mode de pensée coréen et le japonais. Vu d’ici, on ne fait pas la distinction. Comme le précisait Doan Bui dans La Tour : pour les Français, tous les Asiatiques sont des Chinois. Honteusement je confesse que cela résume pas mal la situation. Ceci dit, lorsque j’étais en Inde, beaucoup de mes amis sur place pensaient que venant de France je n’étais pas Anglais mais plus probablement Allemand…

Ainsi donc, vu de loin nous avons les mêmes travers et vu de près ces travers sont toujours détestables. Ce livre traite du racisme institutionnalisé, enraciné dans une pensée nationaliste commune. Non pas proposé comme un courant de pensée où un courant politique, mais tel qu’il est vécu, subit par plusieurs générations d’immigrés, le racisme comme vecteur de l’existence de ceux qu’il touche de plein fouet.

Bien entendu, il s’agit là d’une réflexion au second degré, une simple lecture au premier degré est agréable et plaisante et n’appelle pas à une remise en question brutale des opinions du lecteur.

Mais il est utile, au détour du simple plaisir d’une lecture romanesque de se rappeler que chaque auteur(e) souhaite transmettre un message plus ou moins discrètement.

Pachinko, de Min Jin Lee est édité par Charleston.

En version brochée, le livre fait 623 pages et il coûte 23,90€.

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