Feuilles volantes, d’Alexandre Clérisse

Pas vraiment une bande dessinée, plutôt un roman graphique, mais très en dehors des sentiers battus. Ces Feuilles volantes sont indéniablement marquées par le sceau de l’originalité.

Le résumé

Trois personnages à trois époques différentes, avec un point commun : ils racontent des histoires avec des images. Un moine copiste du Moyen Âge invente un récit imagé et un procédé d’impression, un jeune garçon au 20e siècle découvre le pouvoir inouï de la bande dessinée, et sa fille au 21e siècle vit de la création virtuelle. Chacun éprouve les nécessités vitales de la création et doit affronter des dangers et désillusions propres à leurs époques …

Ce que j’en dis …

Tout comme ce fut le cas pour Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi, j’ai découvert Feuilles volantes dans le cadre du #ChallengeNetGalleyFR2022.

Le concept était d’une grande simplicité : une quinzaine d’ouvrages, romans, livres audios et livres d’art graphique était mis à disposition, le challenge consistait à en chroniquer un maximum sur une période donnée. Je suis passé complètement à côté du truc puisque je n’ai publié qu’une seule chronique dans le temps imparti mais cela m’a donné l’occasion de lire des ouvrages vers lesquels je ne me serais pas tourné en dehors de ce cadre.

Et pour être tout à fait franc, je ne suis pas immédiatement tombé sous le charme de la plume d’ Alexandre Clérisse. Rien ne m’a séduit d’emblée. Mais c’est au fil des pages que son dessin, sa couleur et sa folie m’ont peu a peu subjugué, hypnotisé.

L’ensemble se caractérise par une fausse naïveté, un fausse simplicité qui masque en réalité une qualité de dessin d’une grande richesse et une histoire complexe où l’espace et le temps semblent à la fois se dissocier et se confondre.

L’architecture et les végétaux qui m’ont un peu insupporté au départ m’ont procuré un plaisir de plus en plus grand au fil de la lecture et je me surpris bientôt à penser qu’une illustration grand format sous verre d’Alexandre Clérisse serait du plus bel effet dans mon bureau.

Les protagonistes de chaque époque apparaissent dans l’œuvre de chaque autre dans sa propre création, infligeant bientôt au lecteur le subtil supplice de l’œuf et de la poule, l’amenant à se laisser griser progressivement par la perte de ses repères. Ainsi en va-t-il également de la perspective médiévale utilisée dans la conception graphique, l’échelle n’est pas respectée, ce qui est pénible au début, jusqu’à devenir rapidement merveilleux par la suite.

Je suis donc tout à fait reconnaissant à Dargaud et NetGalley de m’avoir permis de faire cette belle découverte et j’en garde cette leçon précieuse : ne pas se fier à une première impression.

Feuilles volantes, d’ Alexandre Clérisse est publié chez Dargaud.

Ce magnifique roman de 144 pages tout en étonnantes couleurs est vendu 23€.

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