Évidemment Martha, de Meg Mason

Je confesse un attrait particulier pour la maladie mentale.

Il me semble que ce problème demeure un des derniers tabous de nos sociétés modernes. Être malade est d’une atroce banalité, mais être malade mental, c’est très différent.

Meg Mason met les deux pieds dans le plat avec ce roman tellement utile.

Le résumé

Quelque chose ne tourne pas rond chez Martha, et depuis longtemps. Lorsqu’elle avait dix-sept ans, une petite bombe a explosé dans son cerveau et elle n’a plus jamais été la même. Et malgré toutes les consultations, thérapies sans fin et traitements hasardeux, elle ne sait toujours pas ce qui ne va pas. Pourquoi passe-t-elle des journées entières au fond de son lit ? Et pourquoi continue-t-elle à se mettre à dos des inconnus, et des proches, avec ses remarques cruelles et désinvoltes ?

Aujourd’hui, son mari l’a quittée et elle n’a plus nulle part où aller, si ce n’est dans la maison de son enfance, une maison bohème (délabrée) dans un quartier romantique (délabré) de Londres. Et rien d ‘autre à faire que retrouver sa mère, une sculptrice au talent confidentiel – et très alcoolique – et son père, un poète célèbre – bien que jamais publié. Mais comment survivre là-bas sans sa sœur dévouée, grande gueule, qui rendait tout ce chaos supportable pendant leur enfance, et qui est maintenant trop occupée ou trop fatiguée pour prendre soin d’elle ?

Peut-être qu’en repartant de zéro, Martha pourra écrire un meilleur dénouement pour son histoire ratée – ou découvrir que cette histoire n’est pas encore tout à fait terminée.

Ce que j’en dis …

J’ai beaucoup aimé ce roman plein d’humour – britannique – et la façon dont Meg Mason aborde un sujet grave sans pathos ni complaisance.

Martha n’est pas forcément sympathique au premier instant. Mais on ne peut pas s’empêcher de se sentir dépassé avec elle par la charge atroce des troubles mentaux qui la ravagent. Sauf à n’avoir aucune empathie ou à ne pas comprendre quoi que ce soit à ce genre de problème.

Quiconque a fait la pénible expérience de la dépression, de la schizophrénie, de l’hystérie ou de quelque chose d’approchant ( la liste est loin d’être exhaustive), ne pourra que comprendre que même si Martha est forte, courageuse et admirable, la maladie est plus forte qu’elle.

C’est cela qu’on déplore lorsqu’un trouble mental nous assaille : ce sentiment détestable de perte de contrôle, d’impuissance face à un mal qui nous consume de l’intérieur sans que ne puisse s’empêcher de jeter du bois sur le feu alors qu’on aimerait le voir s’éteindre.

Tout cela est tellement bien dépeint, tellement bien décrit.

Non pas dans une approche clinique, médicale, mais purement romanesque.

Mais n’est-ce pas la meilleure approche qui soit pour montrer des choses insaisissables et faire comprendre l’inexplicable ?

L’impact de sa maladie sur son entourage, la façon dont chacun croit pouvoir gérer l’ingérable, ses mariages, ses séparations, ses relations avec les membres de sa famille, tout cela est d’une grande sensibilité.

Et si le lecteur a parfois un peu de mal à s’y retrouver, ou à comprendre les émotions de Martha, c’est peut-être simplement que le message est passé !

Évidemment Martha, de Meg Mason est édité par

Le Cherche-midi.

Le livre broché de 416 pages est vendu 22€.

La traduction est d’Anne Le Bot.

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