Le chant du temps inversé, de Galaad

Encore un bouquin reçu dans le cadre de la Masse critique organisée par Babelio.

Le mois de décembre étant consacré aux arts graphiques, j’ai été gratifié d’un roman graphique de plus de 200 pages signé Galaad : Le chant du temps inversé.

Le résumé

Pandora est très extravertie.

Paul est très timide.

Elle, désœuvrée, travaille dans le magasin de son oncle où elle vend des art toys.

Lui, oisif, passe son temps à dessiner ou à acheter des art toys.

Leur rencontre est inévitable et le courant passe vite entre eux : mêmes références, même envies de se découvrir. Mais de quoi s’agit-il ?

Amour, fantasmes ou chimères ?

La frontière est mince.

Ce que j’en dis …

En premier lieu, j’ai été fortement séduit par le livre en tant qu’objet : un format inhabituel en BD, plus proche de celui d’un album broché de littérature générale.

Et cette couverture double page (un triptyque en vérité, le dos étant la partie centrale) proposant un ciel aux nuances pastelles délicates de la fin du jour, roses, bleues et orangées, simplement sublime.

Pour ce qui est du contenu (rappelons que ce n’est pas le contenant qui favorise l’ivresse), il s’agit d’un roman graphique narrant une histoire d’amours adolescentes d’une façon à la fois très touchante et parfois à la limite de l’érotisme.

Indubitablement la première histoire de Paul, beaucoup moins probablement la première de Pandora, plus dévergondée. Mais le plus fragile des deux, n’est pas celui qu’on croit.

Le dessin ne demande pas à ce qu’on s’y attarde, il propulse l’histoire avec beaucoup de précision et contribue totalement à fabriquer des émotions chez le lecteur.

L’histoire est universelle en ce qu’elle propose la découverte de l’autre et de soi dans une relation balbutiante. L’érotisme que certains taxeront de vulgarité gratuite est toutefois dans une grande majorité des cas un ingrédient qui a sa place dans ce genre de découverte.

Le réserver à un public jeune adulte serait de la pudibonderie, ne pas mentionner ce caractère érotique serait fautif.

Pour ma part j’ai beaucoup apprécié la façon dont Galaad, avec un trait simpliste et une économie de dialogue sait faire naître une empathie profonde et ramène certainement nombre de lecteurs à leurs propres amours naissantes.

Le chant du temps inversé est une œuvre d’art et selon l’oncle de Pandora, gérant du magasin d’art toys où elle travaille :  » L’art, c’est fait pour dévoiler les culs et les âmes, montrer ce qu’on ne peut pas montrer. Donner du sens à ce qui n’en a pas. Et Dieu sait que rien n’a de sens dans ce monde. »

Bien que je sois ignorant en matière de manga et de culture nippone ou presque, j’ai cru remarquer que cette BD propose aussi un grand nombre de références et de clins d’œil à cet univers dont il est au fond un peu voisin.

Le chant du temps inversé, de Galaad est édité chez Dupuis.
L’album de BD de 215 pages en noir et blanc est vendu 20,95€.
Paru le 7 octobre 2022.

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