Pacotille – Tome 1 : Pacotille, l’enfant esclave – De l’autre côté de l’océan

Eric CorbeyranAurélie Bambuck (scénario), Olivier Berlion (Dessinateur) – Paru le 22 septembre 2022

Discutant dernièrement avec une amie de sujets de société comme l’appropriation culturelle , le féminisme ou le racisme, je fus interpellé par un article que suggérait mon moteur de recherche. Le thème ? Les dessins de personnages noirs souffrants encore et toujours de nombreux clichés. Curieux de comprendre et d’en apprendre d’avantage, je découvris différents ouvrages illustrés pour lesquels des artistes ont tenus à réaliser un travail empreint de plus de réalisme lors de la création de leurs personnages africains, métisses, ou issues des îles Caraïbes.

Touché par la beauté des dessins et l’histoire abordé dans Pacotille l’enfant esclave, je me suis empressé de commander le premier tome dont voici la couverture.

Le résumé

Nzinga est née au pays de la panthère, le royaume Kongo, au XVIIe siècle. Des hommes à la peau claire, venus de la mer, débarquent dans son village pour remplir la cale de leur navire d’esclaves. Arrachée à la terre de ses ancêtres et séparée de sa maman, Nzinga devient « Pacotille », une marchandise de peu de valeur. Après une traversée infernale, elle est vendue comme esclave sur l’île de Martinique. Sa vie bascule. L’histoire de Pacotille est celle de tout un peuple.

C’est toujours un régal de recevoir un paquet qu’on attend avec impatience, n’est ce pas? A y est! Tel un enfant, je découvre ce petit cadeau fait de moi, à moi même.

Première chose, l’objet est joli. D’un ton mat, la couverture présente l’héroïne entourée d’un décor qui sonne comme une invitation à entrer au plus vite dans le récit.

Dès la première page, l’époque est indiquée. Le cadre est agréable, paisible, ce qui contraste nettement avec la suite, que l’on devine à la lecture du résumé. Le charme opère rapidement, tout comme l’attachement aux personnages. On se laisse gentiment emmener, bénéficient de l’hospitalité et de la générosité de cette histoire naissante. C’est agréable de découvrir un mode de vie, un décor magnifique et de belles personnes.

Le récit parle de la traite des Nègres, ou commerce triangulaire, instauré par les Colons au XVIe siècle. Après avoir découvert le Brésil, ceux-ci ont besoin de main-d’œuvre pour y exploiter les terres. Ils organisent des razzias, des enlèvements de masse en terre africaine, qu’ils transportent ensuite par bateaux vers les exploitations agricoles sur le continent américain.

L’ensemble laisse un sentiment d’authenticité appréciable. Grâce aux dates, mais aussi à quelques éléments contextuels, le lecteur s’offre un véritable voyage à travers le temps. Pour parler un peu du sujet abordé en introduction, sans être un expert, je trouve le travail sur la caractérisation physique des personnages très appréciable. Qu’il s’agisse des décors ou des peaux, les couleurs sont superbes, et ces dernières offrent quelques variations grâce à un travail de coloration intelligent et sensible, ce qui donne davantage de poids aux images, nous plaçant en véritable témoins de faits réels.

« Tu promets de tout me raconter? » « Je te le promets »

J’ai été touché par le récit. On suit l’histoire, tel un bambin attentif aux aventures narrées par un parent révélant une vie extraordinaire.

Sans jamais tomber dans une démonstration de violence crûe, ou des dialogues extrêmement lourds, l’histoire qui prend vie réveille des sentiments forts. On comprend la cruauté de ces hommes qui arrachent des femmes, des hommes, et des enfants à leur vie paisible, pour les jeter avidement entre les griffes d’européens inhumains. La peur, la tristesse, la fatigue, la stupeur, toutes ces émotions sont habillement communiquées aux travers de quelques cases.

A mon sens, ce genre de support pourrait aider des enfants à aborder ce thème sombre de l’histoire. De plus, un cahier pédagogique clôture la bande dessinée. Un apport intéressant d’explications historiques complète bien le récit. Ce n’est plus un simple divertissement, mais un message vertueux, favorisant la compréhension du monde, et la construction d’une qualité remarquable: l’empathie.

Je recommande chaudement Pacotille, pour les petits et les grands.

A bientôt pour une nouvelle chronique.

Bédéphilement vôtre.

Pacotille, l’enfant esclave Tome 1- De l’autre côté de l’océan est édité par Jungle.
L’album papier est vendu au prix de 14,95€

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