Fin de partie, de Frank Brady

Hier c’était le 25, le jour dédié au #Livredumois. Je n’avais pas encore achevé la lecture de Fin de partie. Je n’en ai donc pas causé hier. Je l’ai achevé dans la soirée, du coup il bénéficie d’un post pour lui tout seul et c’est tant mieux parce qu’il le mérite.

Ce livre fait partie des ouvrages qui me donnent envie d’écrire à mon tour tellement ils m’inspirent de nombreuses réflexions mais j’y viendrai plus tard, après t’avoir présenté le bouquin. Commençons par la couverture que je trouve très belle.

Au début j’ai juste compris (supposé) que le bouquin parlait d’échecs (le jeu). Je ne suis pas un joueur d’échecs mais comme tout le monde j’ai regardé la série Netflix Le Jeu de la Dame et comme tout le monde j’ai bien accroché. Comme j’ai une confiance bien établie par la lecture d’une petite dizaine de publications de l’éditeur, Aux Forges de Vulcain, dont tu commences à entendre parler fréquemment si tu es un habitué de mes modestes articles, je m’attendais à un second miracle dans la même veine : faire plaisir avec une histoire d’échecs à un lecteur non-initié à ce jeu.

J’ai donc jeté un œil sur la quatrième de couverture pour voir si le plumage s’harmonise au ramage.

La quatrième de couverture

« Fischer jouait aux échecs comme d’autres pratiquent un sport de combat. Cette vie hors norme, Frank Brady la raconte avec un sens du dramatique et une justesse sans pareils. » The Boston Globe

Frank Brady a rencontré Bobby Fischer quand le jeune prodige n’avait que dix ans, en 1953. Venu couvrir le championnat d’échecs de Brooklyn, il ignorait qu’il allait rencontrer le plus grand joueur d’échecs de tous les temps, l’homme qui allait révolutionner ce jeu et transformer les champions en rock stars médiatisées.

Doté de 181 points de QI, Fischer avait déjà lu, à l’âge de 13 ans, plusieurs centaines de livres d’échecs dans plus de six langues. Son odyssée allait l’emmener des bas-fonds miséreux de Brooklyn aux couvertures de Life et Time Magazine. Son plus haut fait d’armes est d’avoir battu les Soviétiques aux championnats du monde de 1972, lors d’un match télévisé contre Spassky, match qui devait rester une des manifestations les plus médiatisées de l’affrontement de l’Ouest et de l’Est pendant la guerre froide. Après ce sommet, la folie de Fischer qui, canalisée, lui assurait de dominer sa discipline, se retourna contre lui, l’entraînant dans une chute sans fin et spectaculaire, dans laquelle pourtant de nombreux admirateurs lui conservèrent leur amitié : car Fischer était et restera, non seulement une figure à part du monde des échecs, mais aussi l’incarnation d’une folie proprement américaine.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Vincent Raynaud

Honnêtement, autant il m’arrive de lire des quatrièmes de couverture qui ne servent à rien, autant celle-ci m’a pratiquement fait culpabiliser d’être passé à côté d’un monument et m’a donné envie de rattraper mon coup en lisant ce livre.

Donc je me suis empressé de m’y mettre.

Ce que j’en dis

C’est un petit peu conventionnel de parler du Jeu de la Dame dès qu’on parle des échecs, j’en conviens. Pourtant c’est presque devenu inévitable au regard du succès de la série. Une référence pour les adeptes des séries. Je ne sais pas si c’est aussi bien accueilli par les joueurs d’échecs. Et franchement je m’en tape un peu…

En revanche, Fin de Partie, en plus d’être une totale réussite sur le plan de l’écriture, est aussi signé par une référence dans son domaine puisque Frank Brady n’est autre que l’éditeur de nombreuses publications sur les échecs, dont Chess Life, magazine de référence s’il en est.

Arrivé(e) à ce paragraphe, tu te demandes sans doute à quel point tu peux être intéressé(e) par la biographie d’un joueur d’échec dont tu n’as jamais entendu parler. Est-ce que tu a vu Un homme d’exception ? Ce film de 2001 retrace le parcours de John Forbes Nash Jr., mathématicien de génie, prix Nobel de sa discipline et salement schizophrène. Difficile de se sentir concerné à priori. Pourtant le film est génial, Russell Crowe et Jennifer Connelly sont hyper convaincants et je l’ai regardé à plusieurs reprises avec toujours la même émotion. Pourtant je ne suis pas schizophrène et encore moins mathématicien…

Dans la même veine, avec Fin de Partie, Frank Brady parvient (je ne sais pas comment) à faire fonctionner l’empathie avec une efficacité et une justesse rares. Il réussit à nous passionner pour le parcours de Bobby Fischer quand bien même son existence entière se cantonne d’une part ou de l’autre d’un échiquier et que peut-être, comme c’est mon cas, les échecs ne vous passionnent pas une seule seconde. J’ai envie de crier au génie.

Des axes de réflexion

Comme bien souvent avec les publications des Forges, en plus de nous offrir une biographie passionnante et haletante avec ce qui ressemble presque à une économie de moyens, le récit soulève beaucoup de questions :

  • Un champion international est-il en devoir de jouer un rôle d’ambassadeur ?
  • Doit-il se sentir redevable envers son pays ?
  • Avoir 181 points de QI nous épargne-t-il la possibilité d’être un gros con ?
  • Est-ce que la passion est dangereuse ?

J’arrête là parce ça commence à faire beaucoup mais je pourrais continuer encore longtemps. Comme d’habitude je parle assez peu du contenu, à dessein. Le dessein avoué c’est que tu puisses toi aussi te régaler de cet excellent bouquin.

Fin de Partie de Frank Brady est édité Aux Forges de Vulcain.

C’est un gros livre broché de 477 pages qui coûte 23 €.

Si tu es un(e) passionné(e) d’échecs tu l’as sans doute déjà lu, sinon sens-toi coupable, tu le dois.

Si tu n’es pas un(e) passionné(e) d’échecs tu ne vas pas forcément le devenir mais en revanche tu vas passer un très bon moment de lecture.

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