Noir : Terre Acquise, de Koumba Lamam

Il est de ces livres dont on ne sait que penser mais qu’on ne songerait pas une seule seconde à refermer.

Noir: Terre Acquise est un ouvrage autoédité, disponible sur Amazon.

Autrement dit, ce n’est probablement pas une œuvre appelée à connaître une immense popularité à moins d’un miracle.

Je ne suis pas un faiseur de miracles, loin s’en faut, mais je prends plaisir ici à mettre en avant un récit utile.

Résumé

Pour une fois, je vais renouer avec une habitude à laquelle j’avais pourtant renoncé : vous livrer le résumé de l’auteur(e).

La raison est que ce résumé donne un aperçu du style de l’ouvrage, style pour le moins inhabituel.

Vouer sa vie aux âmes dont nous donnons vies avant la mort ou pour notre âme après la mort ?

Demeurer irréprochable et fervent défenseur du paradis terrestre qui nous est acquis pour que nos successeurs l’héritent ou être coupable de dégénérescence pour hériter la description d’un paradis promis après la mort dans le ciel ?

« Les derniers ancêtres légitimes du peuple Noir furent le choix d’êtres jugés par leurs descendants dans la vie sur terre.

Pour y parvenir, ils devront se sacrifier pour que leurs enfants soient épargnés. Plus tard, Lamâm et tous ces autres enfants (…), seront considérés comme seuls ancêtres du peuple Noir et feront de tous nos ancêtres ceux qui ont vendu leurs frères, d’où viendront les grands fossés qui seront creusés entre les Noirs, d’où chaque groupe de Noirs sur chaque rive désignera un autre groupe. Pendant ce temps, les envahisseurs par ce fossé, draineront tout ce que nous avons d’essence chez eux, et cela demeurera tant que nous ne nous retrouverons pas pour refermer ce fossé, afin que personne, ne puisse en profiter pour nous manipuler … »

De tout temps, la religion a fait l’objet de guerres et de conversions forcées entre les peuples. Ici, par les yeux de Lamâm et Koumba, nous retrouvons l’essentiel de l’histoire, romancée et racontée de manière à ce que le sujet devienne accessible au plus grand nombre. Un beau récit, émaillé de visions paradisiaques et horribles pour prendre toute la mesure de la complexité et de l’ampleur de la tâche.

Ce que j’en dis …

Ce livre n’est pas un roman à proprement parler. Il tient tout autant du conte, du manifeste et de l’essai. Bref, impossible de lui coller une étiquette.

Il est en réalité à la fois un testament et un appel à l’action.

L’auteur(e) revendique l’unicité du peuple Noir, la singularité dont l’a dépouillé la religion imposée par un Dieu et ses hommes venus pour piller et tromper.

Il dénonce la religion en bloc, Dieu étant son complice. Cette vision manichéenne n’a pas remporté mon suffrage mais je comprends que le but est peut-être, comme le dit l’auteur(e) que le sujet devienne accessible au plus grand nombre.

Parce qu’en vérité, Dieu n’est pas complice de la religion, il met même en garde contre elle. Apocalypse ou Révélation 18 : 4 précisant : « Et j’ai entendu une autre voix venant du ciel dire : « Sortez d’elle, mon peuple, si vous ne voulez pas subir avec elle les fléaux qui vont la frapper. Car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est rappelé ses crimes.«  »

Voilà, c’était juste pour rétablir quelque chose d’important à mes yeux.

Ceci dit, évidemment que la religion est coupable ! Aucune n’est citée dans Noir : Terre Acquise mais c’est sans importance, ce n’est pas le propos.

Ce livre montre comment des hommes noirs qui étaient simplement des hommes noirs sont devenus par la force des choses soir des Croyants, soit des Mécréants suivant qu’ils considéraient leur terre comme un paradis ou le ciel comme leur futur paradis promis par Dieu.

Le style est inhabituel, ce qui tient de l’euphémisme.

Parfois très répétitif, du fait d’une abondance de phrases mais d’une économie de vocabulaire, surtout dans la première partie. Puis ensuite il se délie, délivre souvent des paroles de sagesse, simple bon sens qui retentit dans un monde où il a été remplacé par le fanatisme religieux.

Le propos est binaire, dérangeant sous ce rapport par manque de nuance. Il n’y a que deux camps et il faut choisir le sien. Seuls les noirs sont concernés.

Ce livre leur est destiné.

Je ne suis pas Noir. Je ne suis pas Blanc non plus.

Je refuse de me résumer à la couleur de ma peau.

Pour autant ce livre ne m’a pas laissé indifférent.

Le dénigrer tiendrait du révisionnisme, l’encenser serait probablement raciste.

Il y a un monde entre les deux, où le lecteur conscient prendra le temps de réfléchir et de s’arrêter à propos de l’histoire d’un peuple Noir qui demande à (re)trouver sa place dans un monde en perdition.

Noir : Terre Acquise, de Koumba Lamam est disponible sur Amazon.

C’est un livre de 482 pages vendu 21,09€ en version brochée et 9,99€ au format numérique.

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